À New York, au cœur du Nasdaq, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) donne rendez-vous ce 21 avril aux investisseurs internationaux, décideurs publics et institutions financières à l’occasion des BRVM Investment Days 2026. Plus qu’un simple exercice de promotion, l’événement s’impose désormais comme une plateforme structurée de mise en relation entre l’UEMOA et les grands circuits de capitaux mondiaux.
L’ambition est clairement assumée par le directeur général de la BRVM, Edoh Kossi Amenounve : inscrire durablement le marché régional dans les portefeuilles des investisseurs internationaux. Dans cette perspective, la présence au plus haut niveau de la Banque Ouest Africaine de Développement confirme le rôle central des institutions régionales dans la structuration du financement du développement et dans la crédibilisation des marchés.
Le premier panel ouvrira sur les perspectives économiques de l’UEMOA, dans un contexte marqué par une résilience macroéconomique relative et une dynamique d’investissements soutenue. Les échanges devraient également porter sur les mutations en cours de la nouvelle architecture financière africaine, impulsée notamment par la Banque africaine de développement.
Côté secteur privé, la participation d’acteurs internationaux comme Kosmos Energy illustre l’intérêt croissant pour la région. Tous convergent vers un même constat : l’Afrique de l’Ouest entre dans une phase d’accélération, portée par des besoins massifs en infrastructures, mais aussi par l’émergence d’un tissu entrepreneurial plus structuré. La présence de Sotigui Coulibaly vient incarner cette montée en puissance des acteurs africains de la finance.
La séquence consacrée aux banques d’investissement régionales mettra en lumière l’évolution rapide des marchés de capitaux. Des profils comme Ababacar Diaw et Mouhamadou Mustapha Faye détailleront les nouvelles stratégies de levée de fonds, révélatrices d’une sophistication croissante des instruments et d’un appétit renouvelé des investisseurs pour les émissions africaines.
Au cœur des débats, la finance verte et les instruments dédiés aux infrastructures devraient occuper une place stratégique. Le troisième panel explorera les nouvelles classes d’actifs ainsi que les mécanismes innovants permettant de financer des projets durables à grande échelle. Des acteurs comme Alliant Insurance Services insisteront sur la nécessité de structurer des véhicules d’investissement crédibles, capables d’attirer des flux internationaux tout en respectant les exigences ESG.
Après une séquence de networking dédiée aux échanges bilatéraux, la parole sera donnée aux investisseurs internationaux. Le message attendu est déjà connu : l’intérêt des capitaux américains pour l’UEMOA est réel, mais reste conditionné à des avancées en matière de profondeur de marché, de transparence et de visibilité du pipeline de projets. L’intervention de Simon Tiemtoré devrait notamment souligner le rôle clé des investisseurs africains dans la mobilisation de l’épargne domestique.
Le dernier panel, consacré au financement de long terme, viendra boucler les échanges. Banques de développement, agences de gestion de la dette et investisseurs institutionnels débattront des leviers à activer pour élargir l’accès au capital. Des institutions comme UEMOA-Titres ou la U.S. International Development Finance Corporation mettront en avant l’importance des mécanismes de garantie, de l’amélioration des notations souveraines et du développement de marchés secondaires plus liquides.
Au-delà des panels, cette édition 2026 des BRVM Investment Days confirme une tendance de fond : l’Afrique de l’Ouest ne se positionne plus comme une simple destination opportuniste, mais comme un espace d’investissement en structuration, capable d’articuler croissance, stabilité et innovation financière. En s’installant à New York pour porter ce message, la BRVM envoie un signal clair : celui d’un marché en mutation, désormais prêt à dialoguer d’égal à égal avec les grandes places financières internationales.

