Fitch Ratings a confirmé la note souveraine à long terme en devises étrangères du Nigeria à “B” avec perspective stable, soulignant les progrès des réformes économiques tout en mettant en avant des vulnérabilités persistantes.
Dans son rapport du 10 avril, Fitch Ratings indique que la note du Nigeria reflète la taille de l’économie, un marché de la dette domestique relativement développé, d’importantes ressources en hydrocarbures et des améliorations récentes du cadre monétaire et de change. La notation est toutefois contrainte par une inflation élevée, une forte dépendance au pétrole, des indicateurs de gouvernance faibles, des défis sécuritaires et des recettes publiques structurellement faibles.
Les réformes engagées depuis mai 2023, notamment la libéralisation partielle du marché des changes par la Central Bank of Nigeria, ont contribué à restaurer la confiance des investisseurs, après une dépréciation du naira d’environ 40 % en 2024.
Fitch anticipe toutefois une dépréciation modérée à court terme, dans un contexte de pressions budgétaires et de risques externes accrus.
Les réserves de change ont augmenté à 49,4 milliards USD fin mars 2026, contre 32 milliards USD à la mi-avril 2024, avant de reculer légèrement à environ 47 milliards USD d’ici fin 2026, selon les projections de l’agence. Elles devraient couvrir environ 7 mois de paiements extérieurs courants, au-dessus de la médiane des pays notés «B».
Fitch estime que les réserves nettes ont atteint 35 milliards USD fin 2025, contre environ 4 milliards USD en 2023, reflétant notamment la réduction des opérations de swaps de change avec les banques locales.
Sur le plan budgétaire, l’agence prévoit un élargissement du déficit public à près de 5 % du PIB en 2026, sous l’effet de la hausse des dépenses sociales, sécuritaires et liées aux échéances électorales.
Fitch indique que le gouvernement devrait couvrir ses besoins de financement externe à court terme via une combinaison d’emprunts officiels et commerciaux, avec des amortissements extérieurs estimés à 4,6 milliards USD sur 2026-2027.
L’agence prévoit par ailleurs un léger élargissement de l’excédent du compte courant en 2026, après un niveau de 4,9 % du PIB en 2025, soutenu par des recettes plus élevées et une baisse des importations liées au pétrole.

