Comme annoncé précédemment dans ces colonnes, la République gabonaise a conclu, le 10 avril 2026, un accord de préfinancement de 1 milliard de dollars avec Trafigura Group, dans le cadre d’une opération structurée par la banque d’affaires Algest du franco-ivoirien Ibrahim Magassa, conseil stratégique et financier de l’État.
Adossée à la commercialisation du “profit oil”, soit la part de production pétrolière revenant à l’État, la transaction permet au Gabon de mobiliser immédiatement de la trésorerie en contrepartie de livraisons futures de brut. Elle se distingue par une structuration sans gage explicite sur les cargaisons, reposant sur un mécanisme contractuel optimisé de gestion des flux pétroliers.
L’opération s’inscrit dans un processus plus large ayant suscité un intérêt marqué des marchés, avec 3,3 milliards de dollars d’offres de financement enregistrées auprès d’investisseurs et d’institutions internationales. Sur ce montant, 1 milliard de dollars a été effectivement mobilisé avec décaissement immédiat, les fonds étant versés sur le Compte unique du Trésor logé à la Banque des États de l’Afrique centrale.
D’une maturité de sept ans, ce préfinancement poursuit un double objectif : soutenir le financement des programmes d’investissement prioritaires et renforcer les réserves en devises, dans un contexte de prix élevés du pétrole et de pression sur les équilibres extérieurs.
Au-delà de cette transaction, Algest confirme son rôle central dans l’ingénierie financière de l’État gabonais. Le cumul des financements structurés ou arrangés par la banque d’affaires atteindrait environ 4 300 milliards de FCFA, incluant notamment l’opération “Mouele” (1 404 milliards de FCFA) ainsi que plusieurs interventions sur le marché régional.
Ce type de montage illustre le recours croissant des États producteurs à des instruments de financement adossés aux ressources naturelles, permettant d’arbitrer entre accès rapide à la liquidité et coût implicite des flux futurs engagés.

