La République démocratique du Congo confirme son statut de puissance africaine des minerais stannifères, avec des recettes d’exportation évaluées à 677,5 millions de dollars en 2025. Ces performances, issues de la filière dite « 3T » étain, tantale et tungstène traduisent le rôle stratégique de ces substances dans l’économie minière nationale et sur les marchés internationaux des métaux critiques.
Selon les statistiques provisoires de la Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM), la cassitérite (minerai d’étain) s’impose largement comme le pilier de cette dynamique. À elle seule, elle a généré 652,7 millions USD, grâce à des exportations atteignant 46.251,72 tonnes. La production totale s’est établie à 47.787,58 tonnes, tirée principalement par l’exploitation industrielle, qui représente plus des deux tiers des volumes.
Cette production industrielle est portée par des opérateurs actifs dans l’Est du pays, notamment Alphamines, MMR, KMC, Crown Mining et UC. Parallèlement, l’exploitation artisanale demeure avec plus de 14.700 tonnes produites, confirmant la dualité structurelle du secteur. À noter également l’émergence d’exportations d’étain métal, traduisant les premières étapes d’une montée en gamme dans la chaîne de valeur.
Le coltan, deuxième composante de la filière 3T, a généré 23,7 millions USD pour un volume exporté de 1.018,11 tonnes. Sa production annuelle s’élève à 1.434,17 tonnes, dominée à près de 90 % par l’exploitation artisanale. Ce déséquilibre met en lumière les enjeux persistants de formalisation, de traçabilité et de structuration d’une filière essentielle à l’industrie électronique mondiale.
La wolframite, quant à elle, reste marginale dans l’économie stannifère congolaise. Entièrement issue de l’artisanat minier, sa production a atteint 213,15 tonnes, pour des exportations limitées à 94,51 tonnes, générant 1,34 million USD. Ce segment illustre à la fois le potentiel inexploité et les contraintes techniques qui freinent son développement.
Au-delà des performances enregistrées, les données confirment la prépondérance de l’exploitation artisanale dans certaines branches de la filière, avec les défis que cela implique en matière de gouvernance, de transparence et d’intégration industrielle.
Par ailleurs, Premier producteur africain de cassitérite, devant le Rwanda et le Nigeria, la RDC dispose d’un avantage compétitif sur le segment des minerais stannifères.

