Le Sénégal prévoit d’investir près de 400 milliards de FCFA pour atteindre l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2029. L’annonce a été faite jeudi 1er octobre à Dakar par le ministre de l’Énergie et du Pétrole, El Hadji Abdourahmane Diouf, lors d’un petit-déjeuner de presse consacré aux réformes et aux perspectives du secteur énergétique.
Ce programme doit permettre d’électrifier 6 471 localités. Selon le ministre, 86 % des Sénégalais disposent actuellement d’un accès à l’électricité. L’extension du réseau vise à réduire les disparités territoriales et à améliorer les conditions d’accès aux services de santé, d’éducation et aux activités économiques.
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par les coupures d’électricité enregistrées en septembre. Abdourahmane Diouf les a attribuées à des tensions entre l’offre et la demande, à des pannes techniques et à des difficultés ponctuelles d’approvisionnement en combustibles. Le recours coûteux au gasoil pèse également sur le secteur, alors que les infrastructures nécessaires à l’utilisation du gaz ne sont pas encore toutes opérationnelles.
Pour améliorer l’approvisionnement, le gouvernement mise sur le renforcement des capacités de production, la modernisation des réseaux de distribution, le stockage et le développement des énergies renouvelables et du gaz naturel. La centrale West African Energy devrait entrer en service en novembre, tandis que celle de Gandon est annoncée pour 2027.
Le Réseau gazier du Sénégal prévoit, de son côté, la construction d’environ 340 kilomètres de gazoducs pour acheminer le gaz vers les centrales électriques et les industries. À terme, cette infrastructure doit contribuer à réduire les coûts de production de l’électricité.
Le ministre a également évoqué le système prépayé Woyofal, reconnaissant des incompréhensions chez les usagers et annonçant un effort d’explication avec la Senelec. Une loi de programmation énergétique couvrant la période 2027-2031 est par ailleurs en préparation.
Concernant l’affaire des 55 millions de dollars liée au départ de Kosmos Energy, le ministre a indiqué que c’est le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, qui a saisi l’Inspection générale d’État (IGE) afin de faire la lumière sur ce dossier. Abdourahmane Diouf a précisé qu’il avait lui-même été auditionné dans le cadre de cette procédure et qu’il avait fourni des documents.
Le programme de 400 milliards de FCFA constitue ainsi un engagement financier majeur. Sa mise en œuvre et l’achèvement des infrastructures annoncées seront déterminants pour améliorer durablement l’accès à l’électricité et réduire les coûts énergétiques des ménages et des entreprises.

