Quatre jours après sa prestation de serment, le président zambien Hakainde Hichilema a annoncé, lundi 14 septembre 2026, la composition de son nouveau gouvernement. Au cœur de l’équipe : le maintien de Situmbeko Musokotwane au ministère des Finances et de la Planification nationale.
Réélu le 18 août dernier avec quelque 60 % des voix face au candidat du Patriotic Front, M. Hichilema fait ainsi le pari de la continuité pour boucler un dossier de son premier mandat : la sortie définitive de la Zambie de la spirale de l’endettement.
Un profil « IMF-friendly » au bilan en demi-teinte
Ancien vice-gouverneur de la Banque de Zambie passé par le FMI et la Banque mondiale, le ministre Musokotwane avait été nommé le 27 août 2021, quelques semaines après la première élection du chef de l’État. À l’époque, ce dernier héritait d’un pays devenu, pendant la pandémie de Covid-19, le premier État africain à faire défaut sur sa dette souveraine. Cinq ans plus tard, il reconfie les clés du Trésor au même artisan pour achever la mue.
Le ministre sortant peut revendiquer un fait d’armes : la restructuration d’environ 13 milliards de dollars de dette extérieure, négociée avec les créanciers officiels dans le cadre du Cadre commun du G20. Un précédent programme du FMI de 1,7 milliard de dollars, échu en janvier 2026, a servi de colonne vertébrale à cet assainissement. Le kwacha, monnaie locale, s’est raffermi de près de 20 % depuis janvier, et l’inflation est tombée à 6,5 % en juin, après un pic à 14 % en 2025. Le budget 2026 table sur 6,4 % de croissance, portée notamment par une production cuprifère record (+8 % en 2025, plus de 6 milliards de dollars d’exportations sur les six premiers mois de 2026) et l’objectif du million de tonnes annuelles.
Des défis qui n’ont pas disparu
Le second mandat s’ouvre sous tension. Premier dossier : un nouveau programme avec le FMI, que Musokotwane espère conclure « avant la fin de l’année ». Il juge « trop tôt » le retour aux eurobonds tant que la confiance des investisseurs n’est pas rétablie.
Deuxième chantier : la pression budgétaire. Le FMI a ramené à deux reprises sa prévision de 2026 à 4,3 %, citant la normalisation agricole après la récolte 2025, les contraintes énergétiques et les retombées du conflit au Moyen-Orient sur les prix des carburants. La dette publique, qui dépassait 124 % du PIB fin 2024, reste sous surveillance malgré la restructuration.
Troisième front : l’énergie. La sécheresse a rappelé la dépendance du pays à l’hydroélectricité : en période de crise, les coupures ont atteint jusqu’à 21 heures par jour, étranglant l’industrie. L’argentier du chef de l’Etat a reconnu qu’une nouvelle sécheresse en 2027 pourrait grever la production de courant et la croissance.
Quatrième enjeu : la vie chère et l’emploi des jeunes, devenues des attentes sociales que la campagne d’août a cristallisées dans un pays dont la population a septuplé depuis l’indépendance en 1964.
Doctrine
Dans un entretien à Reuters en juillet, le ministre résumait sa feuille de route : davantage de recettes fiscales « non pas en imposant de nouveaux impôts, mais en améliorant l’efficacité de la collecte », une réforme du marché céréalier, et un rôle renforcé du privé dans les mines, l’énergie et l’agriculture.

