L’Autorité nationale de l’Aviation civile (ANAC) a présenté, le 3 septembre 2026, lors d’un atelier organisé à Abidjan, les résultats d’une étude consacrée au développement d’une filière de carburants d’aviation durables (SAF) dans le pays. Cette rencontre, qui a réuni des experts nationaux et internationaux, s’inscrit dans le cadre du programme « Assistance, Capacity-building and Training for Sustainable Aviation Fuels » (ACT-SAF) de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Selon les informations, l’étude a bénéficié du soutien financier de la France, à hauteur d’environ 200 000 euros, par l’intermédiaire de sa contribution au Fonds pour l’environnement de l’OACI. Elle s’appuie en outre sur les conclusions d’une première étude réalisée en 2023 avec le soutien de l’Union européenne.
L’originalité du projet repose sur la valorisation de la biomasse locale. Romain Ekoto, directeur du Bureau régional de l’OACI pour l’Afrique occidentale et centrale (WACAF), basé à Dakar, a affirmé que l’étude « révèle un réel potentiel, une réelle capacité au niveau de la Côte d’Ivoire, déjà en termes de disponibilité de matières premières ». Plusieurs pistes ont été explorées, dont le manioc et la noix de cajou comme matières premières potentielles pour la production de carburants d’aviation durables, ouvrant la voie à un rapprochement entre les secteurs aérien et agricole.
En s’appuyant sur des ressources agricoles aussi différentes que le manioc (culture vivrière) et la noix de cajou (culture de rente), la Côte d’Ivoire ambitionne de concilier impératifs climatiques et développement économique. Cette démarche vise, à terme, à réduire l’empreinte carbone du transport aérien national tout en créant une nouvelle chaîne de valeur industrielle adossée aux filières agricoles locales.
Recevant officiellement le rapport, Sinaly Silué, directeur général de l’ANAC, a insisté sur la nécessité de transformer ces orientations en réalisations concrètes : « Au-delà de la présentation d’un rapport, l’enjeu est désormais de préparer la prochaine étape, celle de l’action ». Et d’ajouter que la transition vers une aviation à faible empreinte carbone constitue « un enjeu majeur pour l’avenir du transport aérien ».

