Par Nacky Mulumba
TRIBUNE — La nomination officielle de la Professeure Sandrine Mubenga, le 18 août 2026, en tant que « Visiting Senior Research Fellow » ( à l’Université du Witwatersrand (Wits) à Johannesburg, marque un tournant géoéconomique majeur pour la transition énergétique africaine. Grace à ses collaborations en Afrique australe et à son affiliation à Wits a seulement deux heures de vol de la riche province minière du Katanga, cette éminente scientifique congolaise ne fait pas seulement la fierté de son pays sur la scène internationale : elle se positionne comme le chaînon manquant entre la recherche de pointe, l’industrie minière et la résolution de la crise électrique qui asphyxie la sous-région. Pour des géants industriels comme la Gécamines, sa présence en Afrique du Sud représente une opportunité stratégique à saisir de toute urgence.
L’équation énergétique africaine résolue depuis Johannesburg
Le continent africain fait face à un paradoxe cuisant : il détient les ressources du futur mais demeure plongé dans le noir. À l’Université de Wits, élite académique du continent, la Prof. Mubenga cible précisément le délestage (load shedding) par l’optimisation des réseaux solaires photovoltaïques et du stockage par batterie.
Pour les entreprises et les PME, le coût financier de l’instabilité électrique est une hémorragie permanente. Pour rappel, en 2008 la Prof. Sandrine Mubenga avait développé un prototype de voiture hybride a hydrogène et un système de production d’hydrogène verte à l’université de Toledo, aux USA. Plus récemment, en juillet 2025 l’United States Patent and Trademark Office lui a décerné un brevet d’invention américain pour son invention intitule « Efficiency Measuring Apparatus » qui permet la conception des systèmes de gestion de batteries a l’ion lithium. Lors de ses recherches, elle a aussi co-développe le Bi-Level Equalizer qui prolonge la vie des batteries au lithium-ion de plus au 30 % tout en réduisant leur coût de fabrication. La scientifique d’origine congolaise offre au tissu économique africain une trajectoire de rentabilité inédite. La stabilisation des réseaux électriques qu’elle théorise et déploie est le premier levier de compétitivité industrielle pour l’Afrique australe et centrale.
Gécamines et Katanga : Le pont de deux heures de vol pour briser le plafond de verre
La Gécamines, en tant qu’entreprise stratégique de la République démocratique du Congo, est appelée à jouer un rôle moteur dans la construction d’une chaîne de valeur nationale autour du cobalt et des technologies énergétiques. En 2024, la RDC représentait environ 75 % de la production minière mondiale de cobalt, confirmant sa position dominante sur un marché essentiel à la transition énergétique selon l’International Energy Agency. Pourtant, cette puissance minière contraste avec une faible transformation locale. Cette situation montre l’urgence, pour la RDC, de passer progressivement du statut de fournisseur de matières premières à celui de producteur de matériaux transformés et de technologies à plus forte valeur ajoutée. Le moment est particulièrement favorable pour accélérer les partenariats avec les compétences scientifiques et industrielles congolaises, mobiliser les expertises disponibles au sein de la diaspora et transformer les ambitions nationales en projets concrets. Dans un secteur mondial en évolution rapide, tout retard risque de réduire la capacité de la RDC à capter durablement la valeur économique générée par ses ressources stratégiques.
La présence de scientifiques congolais dans des institutions internationales de premier plan constitue une occasion de rapprocher la recherche, l’industrie et les priorités nationales. Il appartient désormais aux dirigeants des entreprises minières et aux décideurs publics de mettre en place, sans délai, les mécanismes permettant de convertir cette expertise en capacités industrielles, en emplois qualifiés et en valeur ajoutée locale.
Pour la République démocratique du Congo, et plus particulièrement pour la Gécamines, la proximité géographique de la Prof. Mubenga est une aubaine industrielle. À seulement deux heures d’avion de Lubumbashi, son expertise en systèmes énergétiques, en réseaux et en ingénierie des batteries peut contribuer à éclairer deux enjeux majeurs du secteur minier congolais:
- L’autonomie énergétique des mines : Les coupures de courant et les limites de capacite du réseau électrique limitent l’extraction et le traitement des minerais au Katanga. L’expertise de la Prof. Mubenga permet d’auditer les goulots d’étranglement dans la conception et développement des réseaux industriels propres et autonomes, directement sur les sites d’exploitation de la Gécamines. Le développement de solutions énergétiques industrielles plus fiables, plus propres et mieux adaptées aux besoins des sites miniers constitue donc une priorité pour renforcer la productivité et la compétitivité du secteur.
- La valeur ajoutée locale du Cobalt : L’Afrique ne peut plus se contenter d’être un simple réservoir de matières brutes. L’expertise du Prof. Mubenga en ingénierie des batteries illustre le potentiel des compétences congolaises susceptibles d’accompagner, à terme, le développement d’une transformation locale du cobalt et d’une véritable chaîne de valeur nationale des batteries. La Gécamines disposerait à sa porte d’une conseillère scientifique de rang mondial pour planifier la transformation locale de ses minéraux critiques.
- Économie politique et capital humain : Le retour sur investissement africain
L’impact économique de cette nomination dépasse largement le cadre des laboratoires. Forte de son expérience managériale passée comme première Directrice Générale de l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité (ARE) en RDC de 2020 a 2026, et désormais membre du conseil d’administration de l’ARE, la Prof. Mubenga maîtrise les rouages réglementaires et les partenariats public-privé nécessaires pour rassurer les investisseurs internationaux. Sa double culture scientifique et institutionnelle est un aimant à capitaux pour financer les grandes infrastructures de transition.
Enfin, le véritable dividende à long terme de sa présence à Wits réside dans la valorisation du capital humain. À travers sa fondation STEM DRC, elle propulse la jeunesse africaine dans les filières scientifiques de pointe. Pour les industries de la RDC, c’est l’assurance de voir émerger une main-d’œuvre locale hautement qualifiée. La Gécamines et les opérateurs économiques de la sous-région ont tout intérêt à parrainer des cohortes d’ingénieurs sous sa direction à Johannesburg.
Conclusion
La nomination de la Dr. Sandrine Mubenga à l’Université de Wits n’est pas qu’une réussite académique individuelle ; c’est un catalyseur industriel. En rapprochant l’intelligence technologique des gisements du Katanga, elle trace la voie d’une Afrique capable de fabriquer ses propres solutions énergétiques. Il appartient désormais aux décideurs économiques de Kinshasa et de Lubumbashi de transformer cette proximité scientifique en croissance économique concrète.


Un commentaire
Tres chère compatriote N. Mubenga, n’accepte d’aller travailler en Afrique du Sud, le gouvernement ne protège pas les étrangers contre les xénophobes. Les tueries, la chasse aux immigrés continuent. Ils vont interpellés les personnes même dans leur lieux de travail et jusqu’à pousuivre leurs enfants dans les écoles et personne ne leur interdit, les policiers par contre les accompagnent dans leurs bêtises.