Le groupe public sud-africain Transnet cherche à obtenir 35 milliards de rands, soit environ 2,2 milliards de dollars, auprès du Trésor national pour accélérer la modernisation de ses infrastructures ferroviaires et portuaires. La demande a été annoncée le 13 août 2026 par la ministre des Transports, Barbara Creecy.
Le financement sollicité passerait par le Budget Facility for Infrastructure (BFI) et doit soutenir des projets programmés jusqu’en 2030. L’objectif est clair : réduire les contraintes logistiques qui pénalisent les exportations sud-africaines, notamment dans les secteurs minier et industriel.
Le rail s’ouvre davantage au privé
Une partie des fonds doit financer la modernisation du réseau ferroviaire nécessaire à l’entrée en activité de 11 opérateurs privés de fret ayant obtenu des créneaux sur le réseau national.
Selon la ministre des Transports, leur arrivée pourrait ajouter 24 millions de tonnes de capacité de fret au réseau au cours des 18 prochains mois. Le gouvernement vise ainsi une hausse des volumes transportés par rail, de quelque 180 millions à 250 millions de tonnes par an d’ici 2030.
Cette ouverture marque une évolution du modèle historique de Transnet. Les infrastructures restent publiques, mais leur exploitation s’ouvre progressivement à des acteurs privés. Le dispositif concerne notamment le charbon, le manganèse, les conteneurs, les carburants et le fret général.
Un plan d’investissement de 7,8 milliards $
La modernisation ne se limite pas au rail. Transnet prévoit également un dock flottant exploité par le secteur privé au port du Cap et la mise en place d’un système communautaire portuaire, une plateforme numérique destinée à faciliter l’échange d’informations entre les différents acteurs portuaires.
Le gouvernement cherche ainsi à soutenir financièrement une entreprise confrontée depuis plusieurs années à des difficultés opérationnelles et à un déficit d’investissement. La performance de Transnet reste directement liée à la capacité de l’Afrique du Sud à exporter ses minerais, ses produits industriels et agricoles.
En novembre 2025, l’entreprise avait déjà obtenu 13 milliards de rands, soit environ 802 millions de dollars, du BFI. Une enveloppe de 11,2 milliards de rands était destinée aux corridors ferroviaires du minerai de fer et du charbon ainsi qu’au terminal à conteneurs de Durban.
Transnet avait par ailleurs annoncé en octobre 2025 un programme d’investissement de 127 milliards de rands, environ 7,84 milliards de dollars, sur cinq ans. La nouvelle demande de 2,2 milliards de dollars s’inscrit donc dans une stratégie plus large : remettre à niveau les infrastructures qui conditionnent la compétitivité et les échanges extérieurs de la première puissance industrielle d’Afrique australe.

