Les besoins de financement d’aide humanitaire sont importants dans le Bassin du Lac Tchad pour la prise en charge des populations riveraines constituées de déplacés internes et de réfugiés fuyant des atrocités des mouvements terroristes de Boko Haram et de l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap).

Selon l’ONU, pour répondre « de manière adéquate aux besoins humanitaires les plus aigus » dans cette région, 1.450 milliards de FCFA soit 2,5 milliards de dollars étaient nécessaires en 2021. Seulement 49 % du montant attendu, c’est-à-dire, 710 milliards FCFA (1,2 milliard de dollars) ont été reçus au titre des contributions des Etats et des partenaires au développement. Alors que l’on est déjà en 2022, pas de précisions au sujet des 750 milliards de FCFA (1,3 milliard de dollars) qui manquent dans la cagnotte.

Pourtant, la crise humanitaire s’est aggravée et l’on dénombre près de 11 millions de personnes en situation humanitaire urgente, principalement dans l’extrême-nord du Cameroun, dans la région du lac au Tchad, dans la région de Diffa au sud-est du Niger, ainsi que dans trois Etats du Nigeria que sont Adamawa, Borno et Yobe.

La violence des fondamentalistes qui caressent l’espoir de créer un califat dans le bassin du lac Tchad a déstructuré les services sociaux de base mettant à rude épreuve les ressources naturelles et provoquant une insécurité alimentaire sans précédent. L’agence onusienne dénombre plus de  400.000 enfants souffrant de malnutrition sévère, près de 1.050 écoles ne fonctionnent pas en raison des attaques terroristes privant des milliers d’enfants d’éducation, tandis que des millions de personnes ne peuvent accéder aux soins de santé.

En dépit de la mise en place en 2015 de la Force multinationale mixte (FMM) constituée des armées du Cameroun, du Niger, du Nigeria et du Tchad en vue de lutter contre l’expansion terroriste, « la violence continue de s’étendre et les contraintes d’accès posent des problèmes supplémentaires pour l’acheminement de l’aide », note l’agence des Nations unies. Bien que militairement affaiblis, les terroristes conservent une marge de nuisance réelle à travers des incursions armées, des attaques suicides, des prises d’otages ainsi que le pillage des biens.

Depuis 2009, Boko Haram est à l’origine de nombreuses attaques terroristes ayant engendré la mort de plus de 20.000 personnes et occasionné des déplacements massifs de populations. En 2013, la crise s’est étendue dans la région du lac au Tchad, l’extrême-nord du Cameroun et le sud-est du Niger prenant un caractère régional.

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