Au Sénégal, le financement du  Train Express Régional qui doit rallier Dakar à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD, en cours de finition) a été bouclé.  

Le premier partenaire financier du projet est la Banque Islamique de Développement (BID) avec 197 milliards de FCFA, suivi par la coopération française (133 milliards de FCFA) et l’Etat du Sénégal (124 milliards).  Déjà absente de la plupart des projets du Plan Sénégal Emergent et devancé régulièrement par la BID et la BAD dans le financement des infrastructures, la Banque Mondiale est en retrait de ce projet phare du septennat du président Macky Sall. Ce qui n’empêche pas sa directrice générale, de donner un avis plutôt défavorable dans une posture de donneuse de leçons qui a décontenancé à Dakar:

“On ne peut pas faire un tel investissement alors qu’on a des zones enclavées. C’est une question qui serait difficile à gérer», a martelé la représentation de l’institution de Bretton Wood.  Le projet en question, qui couvre un tracé de 36 km coûtera 568 milliards de FCFA. Le business plan précise que 114 000 passagers seront transportés par jour dès livraison du projet en 2019.  Des chiffres loin de convaincre Mme Cord, estimant que ledit projet n’est pas rentable en relation avec le niveau d’enclavement des localités de l’intérieur du pays.

Au delà de la recevabilité des propos de la Banque Mondiale, cet avis non sollicité ne met-il pas au grand jour la question de la souveraineté des Etats africains dans la mise en place de leurs orientations stratégiques? Pourquoi une institution en retrait des projets de développement au profit du financement de la pauvreté peut-elle encore avoir un avis sur la rentabilité de tels projets?

 

 

 

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