Par Mohamed Lamine Mbengue (1).

Ce thème a fait l’objet d’un article intitulé: “The fixed income securities market in West African Economic and Monetary zone: Why are credit spread abnormally low?”  Co écrit avec M. Eric Paget Blanc Professeur Evry Val d’Essone publié dans la revue Research in International Business and Finance.

 

L’article vise à fournir la preuve évidente du niveau anormalement bas des primes de risque sur le marché de la dette de l’UEMOA et de proposer des explications de la mauvaise explication du risque dans cette zone. Nous identifions ensuite le lien entre les primes de risque et le risque de crédit et nous comparons avec la relation qui peut exister entre les primes de risque et les notations sur les marchés financiers internationaux.

Dans la méthodologie, deux benchmarks ont été identifiés sur le marché de l’UEMOA: l’obligation émise par la SFI notée AAA arrivant à échéance 2011 et l’obligation AFD à échéance 2016. Nous limitons la population d’obligations à celles qui ont la même échéance quel que soit l’émetteur de référence. Nous étendons la population à des obligations d’une durée de plus ou moins un an sur celles de la SFI ou de l’AFD.

Les résultats montrent pour des niveaux de notation similaires, les primes de risque sont en deçà des primes observées sur les marchés internationaux. Les émetteurs notés en catégorie B présentent des primes de risque de 600 points de base sur le marché international comparativement à une moyenne de 154 points de base sur le marché de l’UEMOA.

Les contributions de cette recherche concernant les primes de risque anormalement faibles peuvent s’expliquer par une base étroite d’investisseurs dominée par les institutions financières, la quasi absence de marché secondaire et la présence limitée d’investisseurs non résidents. Les facteurs trouvent leur origine dans la situation de surliquidité bancaire de l’UEMOA. Un autre facteur est le contrôle de change rigoureux établi dans cette zone ce qui rend impossible pour les banques de placer des fonds en dehors de la région et donc limite considérablement l’ensemble des opportunités d’investissement.

Malgré certaines limites, liées notamment à la difficulté d’obtenir des mesures du risque de crédit relatives aux émetteurs d’obligations de la zone, l’étude met en évidence des spreads anormaux et caractérise une situation paradoxale. Elle conduit à recommander le développement des mesures de risque associées aux instruments de crédit, car l’absence d’information sur le risque de défaillance est source d’inefficience du marché.

 


(1) Mohamed Lamine Mbengue,  titulaire d’un  PHD Finance Université Paris Dauphine, est  Maître de conférences Université Gaston Berger de Saint-Louis.