RIEN NE SERT DE COURIR, IL FAUT PARTIR A POINT.
Le développement d’un pays nécessite l’existence d’un système financier qui accompagne l’activité économique. Le développement de l’activité économique nécessite une couverture complète des risques sociaux et des risques d’entreprises par la naissance d’un marché des assurances conforme aux réalités du pays.
Le niveau d’insécurité relevé sur le plan mondial, la volatilité des cours du pétrole et les changements climatiques nécessitent de mettre en place dans un pays comme le Sénégal une réelle stratégie de management des risques.
Depuis la rupture du lien entre le dollar et l’or par le Président NIXON le 15 AOUT 1971, les pays africains sont confrontés en continu aux chocs extérieurs corrélés à la volatilité des cours du pétrole. Ainsi, ces chocs extérieurs induisent un risque qu’il faut impérativement couvrir en lieu et place d’un choix entre les subventions et l’érosion du pouvoir d’achat des ménages. Nous avons assisté ce 15 AOUT 2026 (comme par hasard) à la hausse des prix du carburant au Sénégal ; pourtant La Loi n° 2022-09 du 19 avril 2022 relative à la répartition et à l’encadrement de la gestion des recettes issues de l’exploitation des hydrocarbures au Sénégal prévoit à la fois un mécanisme de stabilisation des cours (ou de recettes) via un Fonds dédié et un encadrement strict visant à empêcher la mise en gage ou l’aliénation prématurée des ressources pétrolières et gazières. Où en est ce Fonds ? Où serait-il possible de retrouver la courbe des mouvements sur ce Fonds depuis sa naissance en 2022 ?
Si ce Fonds était conçu et géré dans un esprit de couverture de risque, alors nous aurions à disposition des réserves sous forme de provision pour sinistres à payer et certainement la hausse des prix du carburant n’aurait pas lieu.
Nos Etats tout comme les agents économiques ont besoin de comprendre le rôle des assurances, car ils sont souvent confrontés à des aléas dont ils ne peuvent supporter les conséquences financières.
Dans une économie des temps modernes, la couverture des risques relève d’une dimension multiple. Dans ce contexte, un marché des assurances est attendu pour conférer aux contribuables assurés la parfaite sécurité nécessaire à l’exercice de leurs activités.
La solidarité est au cœur de la culture financière africaine et le seul métier qui intègre parfaitement la solidarité c’est l’assurance. Raison de plus pour axer nos systèmes sociaux et financiers autour de l’assurance qui doit constituer le principal vecteur d’orientation de nos futurs projets, par sa double capacité à rassembler pour partager et partager pour progresser. Cette discipline (l’assurance) est à la croisée d’éléments fondamentaux de notre environnement (l’économie, la finance, la protection sociale) et leur interaction nécessite une solidarité nationale. Cette solidarité donne naissance au principe de la mutualisation qui est au cœur de l’esprit d’assurance.
L’assurance doit avoir une place très importante dans une économie évolutive et un pays en développement doit regarder ce métier comme un vecteur directeur des évolutions économiques, sociales et financières.
Abdou Cissé, CISCO CONSULTING
Membre du GROUPE CISCO²NSULTING-SOLVISEO
Conseil-Audit-Services-Banque d’Affaires
Actuariat – Finance – ALM

![[Tribune d’Abdou Cissé] Rien ne sert de subventionner un risque, il faut le couvrir](https://www.financialafrik.com/wp-content/uploads/2020/03/Abdou-Cissé.png)