Le Gabon confirme son statut de principal contributeur à l’excédent commercial de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). En 2025, le pays a dégagé un solde commercial positif de 4.008,9 milliards de FCFA (environ 6,9 milliards USD), selon les données de l’African Trade Report 2026 de la Banque africaine d’export-import (Afreximbank). Cette performance intervient dans un contexte international marqué par la baisse des cours des matières premières, les tensions sur les chaînes logistiques et un ralentissement du commerce mondial.
A l’échelle régionale, les résultats demeurent toutefois contrastés. Si le Gabon renforce sa position extérieure, le Congo enregistre une dégradation spectaculaire de son excédent commercial. Celui-ci est tombé à 720,5 milliards de FCFA (environ 1,24 milliard USD) en 2025, contre 2.644 milliards de FCFA (environ 4,55 milliards USD) un an plus tôt. Soit un recul supérieur à 70% en glissement annuel.
Le rapport d’Afreximbank explique cette contre-performance par un double mouvement défavorable. Les exportations congolaises ont reculé de 10,15%, à 4.660 milliards de FCFA (environ 8,02 milliards USD), tandis que les importations ont bondi de 54,85%, atteignant 3.940 milliards de FCFA (environ 6,78 milliards USD). Cette évolution a fortement réduit le surplus commercial du pays.
A l’inverse, le Gabon a démontré une meilleure capacité de résistance. Malgré un environnement peu favorable, le pays a conservé un niveau élevé d’exportations grâce à ses ventes de pétrole, de manganèse et de bois, tout en maîtrisant relativement la progression de ses importations. Cette combinaison lui permet de rester la première puissance commerciale excédentaire de la sous-région.
Au-delà des performances nationales, ces évolutions traduisent l’affaiblissement du commerce extérieur de la CEMAC. Les prévisions de la BEAC et des administrations nationales font ressortir un excédent commercial régional de 3.370 milliards de FCFA (environ 5,8 milliards USD) en 2025, contre 6.914 milliards de FCFA (près de 11,9 milliards USD) en 2024. En une année, la communauté perd ainsi plus de la moitié de son matelas commercial extérieur.
Cette détérioration reflète principalement le recul des recettes d’exportation des pays producteurs d’hydrocarbures, sous l’effet de la baisse des prix du pétrole et d’une demande mondiale moins dynamique. Elle rappelle également la forte dépendance des économies de la CEMAC aux matières premières, dont les fluctuations continuent d’influencer les équilibres macroéconomiques de la région.
Dans son analyse, Afreximbank souligne que « la diversification des économies africaines demeure essentielle pour renforcer leur résilience face aux chocs extérieurs ». L’institution estime également que « le développement du commerce intra-africain constitue un levier majeur pour réduire la vulnérabilité des pays aux fluctuations des marchés internationaux ».
Pour la CEMAC, les chiffres de 2025 illustrent ainsi deux réalités opposées. D’un côté, le Gabon consolide son rôle de locomotive commerciale de la sous-région. De l’autre, le recul marqué du Congo rappelle que la solidité des balances commerciales demeure étroitement liée à l’évolution des marchés mondiaux des hydrocarbures et à la capacité des États à diversifier leurs sources de croissance.

