La Banque mondiale a abaissé ses prévisions de croissance pour l’Afrique subsaharienne, anticipant une expansion de 4,1 % en 2026, contre 4,4 % attendus en octobre, dans un contexte de hausse des coûts énergétiques et d’incertitudes accrues liées au conflit entre les États-Unis et l’Iran.
Selon un rapport publié mercredi 9 avril par l’institution basée à Washington, la croissance devrait rester à 4,1 % en 2026, comme en 2025, mais la reprise ralentit dans un contexte international plus difficile. Les perturbations dans le détroit d’Ormuz, par où passe près de 20 % du pétrole mondial, ont fait augmenter les prix du carburant et des engrais, ce qui pèse sur les économies importatrices.
Le rapport met également en garde contre un ralentissement potentiel des investissements en provenance des pays du Golfe, devenus des acteurs clés dans des secteurs tels que les mines, les énergies renouvelables et les technologies. Par ailleurs, une baisse de la demande de main-d’œuvre au Moyen-Orient pourrait affecter les transferts de fonds des travailleurs africains expatriés.
Ce choc intervient alors que les marges budgétaires sont fortement contraintes. Le service de la dette a presque doublé, passant de 9 % des recettes publiques en 2017 à environ 18 % en 2025, et près de la moitié des pays de la région sont en situation de risque élevé de surendettement ou déjà en difficulté.
Les pressions sont particulièrement marquées dans les économies vulnérables et dépendantes des importations de pétrole, notamment le Kenya, l’Éthiopie, le Malawi, le Mozambique et le Burundi. Le Kenya pourrait faire face à un choc inflationniste marqué dans des scénarios défavorables, tandis que l’Éthiopie reste exposée via sa main-d’œuvre expatriée.
Toujours selon la Banque mondiale, les perspectives pour l’Afrique de l’Ouest restent incertaines, les données, notamment sur les intrants agricoles, étant encore incomplètes. Plus largement, la région demeure vulnérable aux chocs extérieurs, dans un contexte de contraintes financières et de forte dépendance aux importations d’énergie.

