Les 7 défis du banquier Ade Ayemi à la tête d’Ecobank

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Le nigérian Ade Ayeyemi, jusque-là directeur général de la branche subsaharienne de la Citi, rejoint Ecobank à partir de ce mois de septembre. 
Le nouveau directeur général de la plus panafricaine des banques devra à notre sens relever 7 défis pour conserver un fauteuil qui accueille son troisième occupant en trois ans.

1- Trouver un arrangement à l’amiable dans le litige opposant la banque à Thierry Tanoh, bénéficiaire de 24 millions de dollars (5 à 6 fois le bénéfice net engrangé durant le dernier exercice) provenant de deux jugements prononcés à Abidjan et à Lomé qui lui donnent le droit de lancer une saisie sur les actifs d’Ecobank.

2- Opérer une coupe sévère dans les effectifs pour ramener le coût d’exploitation de la banque (estimé à plus de 60% actuellement) à une moyenne acceptable.

3- Vider le dossier des créances en souffrance dans Ecobank Nigeria qui représente la moitié du total bilan d’Ecobank.

4- Mettre fin à l’équilibre entre la Nedbank et Qatar National Bank, deux puissants actionnaires de l’institution qui se neutralisent. A notre avis, cet équilibre a trop duré et retarde les réformes. Ecobank qui a besoin de fonds suffisants pour se mettre à niveau devrait faire son choix. La QNB est suffisamment bien pourvue pour prendre le contrôle de la banque en payant une prime qui fera le bonheur de Nedbank et des petits actionnaires.

5- Opérer une acquisition majeure en Afrique du Nord et en Afrique du Sud. L’on ne peut être une banque panafricaine en n’étant pas présent dans les deux régions les plus développées du continent.
6- Se faire accepter par les gardiens du temple. Ce n’est pas le plus facile. L’expérience Tanoh le montre bien, le succès des réformes n’est pas garantie par leur pertinence mais par le degré d’adhésion des collaborateurs.

7- Renouer avec la rentabilité, dégager du cash et rémunérer correctement les capitaux. A 52 ans, Ade Ayeyemi, réputé stratège et fin connaisseur du continent, passe pour l’homme de la dernière chance. Ecobank a besoin de consolider sa présence dans les 36 pays africains. Son caractère panafricain ne sera préservé que par la rentabilité, laquelle passe par des sacrifices.

 

1 COMMENTAIRE

  1. Effectivement, l’actionnariat, le management, les employés et le marché. Et éventuellement les régulateurs et les politiques. Le plus complexe risque de concerner les “questions d’hommes” et de femmes. Les procès Tanoh cachent une petite forêt d’autres procès intentés par des employés licenciés ou qui s’estiment brimés ou mis à mal dans la foulée du licenciement de Tanoh. Ces procès d’ex-employés de la Holding à ETI Lomé et eProcess Accra ont mis une pause au vaste plan de réduction d’effectifs entamé maladroitement il y a un an sous Albert Essien et touchant plus de 60% des postes. Les employés malmenés accepteront difficilement une reprise de ces licenciements secs et brutaux même si bon nombre d’entre eux seraient prêts à partir avec des packages « convenables ». Ensuite, les hauts-cadres et directeurs qui avaient réussi leur fronde anti-Tanoh ont montré leur toute-puissance. Pour survivre, Ayeyemi qui vient du même sérail de la Citibank que la plupart des hauts-cadres des premières heures risque de gérer le statut quo, en attendant les départs à la retraite qui renouvelleront naturellement le personnel et feront basculer les rapports de force. Il faudra rehausser le moral des troupes d’ici là, dans cette banque essentiellement nigériane…

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