Par Nephthalemi Messanh Ledy

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Suite à la nouvelle dégradation de la note souveraine du Gabon par l’agence Moody’s, la deuxième en 2 mois, le ministre Régis Immongault de l’économie se veut rassurant, arguant que « l’économie gabonaise est aujourd’hui plus forte que par le passé, et peut faire face au nouvel ordre environnement mondial ». 

L’agence américaine a en effet procédé à « une révision systématique des notations de l’ensemble des pays exportateurs de pétrole sur la base de leur estimation du cours du baril de Brent pour l’année 2016 à 33$ », a-t-il indiqué cette semaine.

Dans un tel contexte, poursuit le ministre, les revenus de l’ensemble des pays producteurs de pétrole baissent de manière significative, ce qui conduit à la dégradation de la notation de nombre de ces pays, au titre desquels le Gabon.

Selon Régis Immongault, la prévision faite par l’agence au sujet du prix du pétrole « s’avère très conservatrice au regard des prix actuellement observés sur les contrats à terme (44$ à la fin 2016), ainsi que du cours actuel du brut (environ 43$) ».

Alors que le Gabon, rassure le ministre, dans une stratégie de réagir tôt et efficacement au contexte international, travaille sur  une loi de finance rectificative reposant sur une hypothèse de 30$ son baril. Aussi entend-il poursuivre cette politique budgétaire axée sur la prise en compte de la réalité des cours pétroliers. Somme toute, « aucun des risques mentionnés par l’agence n’est à craindre ».

En rappel, Moody’s prévoit un risque de liquidité et de dégradation des ratios d’endettement du Gabon qui prévoit elle-même une croissance économique de 3%, tirée essentiellement par le secteur non pétrolier. Faisant passer sa note de Ba3 (non-invesment grade spéculative) à B1 (hautement spéculative), l’agence américaine fondait son appréciation, entre autres, sur le recul de 4,5 points des revenus du pays en part du PIB, et une augmentation rapide des intérêts de la dette gabonaise.