La Tanzanie a inauguré, samedi 22 août 2026, le barrage hydroélectrique Julius Nyerere (JNHPP), du nom du premier président du pays, Julius Nyerere. D’une capacité installée de 2 115 MW, l’ouvrage représente un investissement de 2,9 milliards de dollars pour le compte de la Tanzania Electric Supply Company (TANESCO). Situé sur le fleuve Rufiji, dans la région de Pwani, à environ 250 km au sud-ouest de Dar es-Salaam, il a été construit par le consortium égyptien Arab Contractors et Elsewedy Electric, à qui le contrat a été attribué en décembre 2018. La cérémonie d’inauguration a été présidée par la présidente Samia Suluhu Hassan, en présence notamment du Premier ministre égyptien.
Le barrage est un ouvrage-poids en béton compacté au rouleau (RCC), haut de 131 mètres et long d’environ 1 025 mètres en crête. Il retient un réservoir d’environ 34 milliards de mètres cubes d’eau, régulé par un évacuateur de crues central à sept vannes radiales. La construction, dont la production a commencé en 2019, a été achevée en quelques années.
Neuf turbines Francis de 235 MW
La centrale est équipée de neuf turbines Francis verticales de 235 MW chacune, soit 2 115 MW de capacité installée totale. Chaque turbine est associée à une vanne papillon d’admission et à un alternateur à axe vertical. La production annuelle attendue est d’environ 5 920 GWh.
L’électricité produite est injectée dans le réseau national via un poste de transformation de 400 kilovolts et les lignes de transport vers Chalinze, en direction de Dar es-Salaam.
« La Tanzanie a réalisé d’importants progrès en matière de renforcement de ses infrastructures énergétiques, socles du développement de notre économie. Ces réalisations s’inscrivent dans la mise en œuvre de la “Mission 300”, dont l’objectif est de fournir de l’électricité à 300 millions d’Africains d’ici 2030 », a déclaré Samia Suluhu Hassan lors de la cérémonie.
Mission 300 : un objectif continental
Mission 300 est une initiative conjointe du Groupe de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement (BAD), lancée en avril 2024. Elle vise à connecter 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030, sur un continent où quelque 600 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’énergie. Le Groupe Banque mondiale s’est engagé à doubler ses dépenses dans le secteur énergétique africain, en canalisant jusqu’à 30 milliards de dollars vers cet objectif d’ici 2030.
En 2023, le mix électrique tanzanien était dominé par le gaz naturel (≈ 70 %) loin devant l’hydroélectricité (≈ 25 %). La mise en service du barrage Julius Nyerere — qui ajoute à lui seul 2 115 MW au réseau — modifie profondément cet équilibre. L’Institut national de la statistique tanzanien (NBS) indique qu’en 2024, la part des énergies renouvelables dans la production nationale est montée à 51 %, grâce notamment à la mise en service progressive de nouvelles capacités hydroélectriques (+2 142 MW).
Pour sa part, le taux d’accès à l’électricité en Tanzanie est passé d’environ 14 % en 2011 à 46 % en 2022 selon la Banque mondiale, progression qualifiée par l’institution de « l’une des plus rapides en Afrique subsaharienne ».
Le GERD éthiopien reste le plus grand barrage du continent
L’Éthiopie conserve, pour sa part, le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique avec le Grand barrage de la Renaissance (GERD), situé sur le Nil Bleu. Avec une capacité installée de 5 150 MW répartis sur 13 turbines, il demeure de loin le premier ouvrage hydroélectrique du continent — la Tanzanie se positionne désormais au deuxième rang africain avec les 2 115 MW du JNHPP.

