Risque politique en Côte d’Ivoire: la BAD s’est-elle fait avoir?

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Guy Gweth

Par Guy Gweth*

Ce 8 septembre 2020 marque le 6ème anniversaire du retour de la Banque africaine de développement (BAD) à son siège d’Abidjan, après 11 ans en Tunisie.

En 2003, l’institution panafricaine avait quitté la capitale ivoirienne pour Tunis en raison de l’insécurité. Pour son retour, Abidjan devait fournir de solides gages.

Vu les enjeux, pour la Côte d’Ivoire, le président Ouattara en avait fait une affaire personnelle, ce qui accéléra les réponses aux desiderara de la BAD.

Mise à jour de l’accord de siège, titre de propriété définitif du QG de la banque et de son annexe, unité de police dédiée… Abidjan ne lésina pas sur les moyens.

Face aux analystes qui estimaient le risque politique latent, les lobbyistes multiplièrent les ‘position papers’ en direction du président Kaberuka.

Le 8 septembre 2014, le retour officiel du siège de la BAD, en Côte d’Ivoire, fut regardé comme l’indicateur avancé le plus sérieux d’un pays redevenu stable. 

A la suite des 2000 fonctionnaires de l’institution qui regagnèrent Abidjan, plusieurs firmes multinationales et investisseurs internationaux affluèrent.

En ce 6ème anniversaire du retour en terre ivoirienne, une question hante les esprits: la BAD s’est-elle fait avoir par des gages en matériaux provisoires ?

Alors que le risque politique en Côte d’Ivoire frôle les sommets, la moindre attitude de la banque est scrutée avec grande attention par toutes les parties.

Chaque mesure de précaution prise par la BAD peut être lue comme une trahison par Abidjan, bien que le président Adesina, blanchi, se sente affranchi.

Ce tableau, parmi d’autres, rend compte de plusieurs années de recul au cours desquelles les Africains ont continué à bafouer leurs propres institutions. 


A propos


* Guy Gweth est responsable du programme Doing Business in Africa a Centrale Supelec depuis 2012. Il a été professeur à l’Ecole de guerre économique de Paris, à l’Institut des hautes études de défense nationale français et à la BGFI business school de Libreville. Président du Centre africain de veille et d’intelligence économique (CAVIE), il est le fondateur de Knowdys Consulting Group (KCG). 

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