L’OMVS vers la navigabilité du fleuve Sénégal

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Le haut-commissaire de l’OMVS, Hamed Diane Séméga, a particulièrement insisté sur la nécessité de l'autofinancement de l’organisation.

L’OMVS a organisé vendredi 22 mars 2019, à l’occasion de la journée mondiale de l’eau, une rencontre avec la presse Sénégalaise et internationale, à son siège sis à Dakar, afin de faire un rapport de l’Etat d’avancement des travaux engagés par l’organisation sous régionale.

Le haut-commissaire de l’OMVS, Hamed Diane Séméga, a particulièrement insisté sur la nécessité de l’autofinancement de l’organisation qui depuis sa création en 1972 a bâti ses infrastructures sur endettement des Etats membres. «Nous avons élaboré une stratégie d’autofinancement de l’OMVS à travers la dotation en outils et pôles nouveaux nous permettant de rembourser les dettes et d’avoir un puissant levier de financement des programmes d’investissements ».

Monsieur Séméga ne manquant pas de rappeler que « le socle de l’organisation reste la solidarité : permettre l’accès à l’eau à toutes les populations de nos Etats membres ». Après la présentation des grands projets engagés par l’OMVS, deux infrastructures ont particulièrement retenu les attentions. Il s’agit du barrage de Koukoutamba en Guinée dont le financement est évalué à 800 millions de dollars et du projet de réhabilitation du chenal navigable entre Saint-Louis et Ambidedi au Mali dont le coût est estimé à 475 millions d’euros.

Le barrage hydroélectrique de Koukoutamba dont le contrat commercial a été signé à Conakry le 26 février 2019 va constituer le quatrième et plus grand aménagement hydroélectrique réalisé par l’OMVS (après Manantali en 2002, Félou en 2013, et Gouina qui est toujours en chantier). Le Coût du projet est estimé à exactement 812 millions de dollars, soit plus de 468 milliards FCFA.

Le barrage hydroélectrique de Koukoutamba sera réalisé selon l’EPCF (Engineering Procurement Construction) soit la construction clé en main par le groupe Sinohydro avec apport de financement. L’ouvrage qui offre plusieurs usages participera à la régularisation des débits du fleuve Sénégal, au profit des activités liées à l’agriculture, la navigation, la fourniture d’eau potable, la pêche et la préservation des écosystèmes du bassin.

Le PGIRE (Projet de Gestion Intégré de ressources en Eau) financé par la banque mondiale, a pour principal objectif l’amélioration des conditions socio-économiques des populations riveraines à travers la promotion de l’entreprenariat, et des programmes sanitaires qui toucheront à terme 4,5 millions de personnes dont 52.600 agriculteurs.

Le Programme défendu par le Mauritanien Mohamed Fawzi Bedredine, Coordonateur régional du PGIRE, en est à sa quatrième année d’exécution. Par ailleurs, l’OMVS mise sur le projet de navigabilité afin d’aider au désenclavement des villes riveraines à travers la création d’un port fluviomaritime à Saint-Louis (Sénégal) point de départ des bateaux de transports de Minerais, de passagers, et de produits divers vers Ambidedi au Mali. Le projet dont le financement spontané est assuré par le groupe indien Eximbank (soit 475 millions d’euros) sera réalisé par le groupe AFCON du même pays. « Le projet de navigation est parmi les projets prioritaires de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal. Le chenal allant de Saint Louis à Ambidedi au Mali est long de 905 km et la réalisation de cette infrastructure est un impératif pour les pays membres, surtout le Mali qui se verra offrir une façade maritime qu’il n’avait pas jusque-là » a conclut Hamed Diane Séméga, haut-commissaire de l’OMVS.


Abdoulaye Sow, Dakar

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