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La vice-présidente Frannie Léautier (démissionnaire depuis une semaine) et le président de la BAD, Akinwumi Adesina aux côtés du ministre Luxembourgeois des Finances, Pierre Gramegna, en novembre 2016  lors de la réunion finale de la 14ème reconstitution du FAD. Au 31 mars 2017, les bailleurs n’ont respecté leurs engagements qu’à moitié.

 

Bien que reconstitué depuis novembre 2016, le Fonds africain de la de développement (FAD) n’était  toujours pas fonctionnel à l’heure où nous mettions sous presse. Pour que ce guichet concessionnel entre en vigueur, il faudrait  qu’au moins 75% des engagements pris par les bailleurs soient confirmés et mobilisés. Or, c’est loin d’être le cas.

 A la date du 31 mars 2016, les engagements confirmés  s’élevaient à 48%. Un nouveau deadline avait été alors fixé pour le 30 avril.  Ce sont donc 38 pays africains à faibles revenus qui attendaient cette échéance, expirée depuis quelques heures, avec appréhension.  Les engagements pris à la fin  2016 lors de la 14ème reconstitution du FAD s’élèvent à   11 milliards de dollars  et doivent   couvrir les trois prochaines années. Un tel retard est d’autant plus difficile que les autres compartiments de l’institution ne sont pas dans la meilleure de leur forme.

Ainsi,  le guichet central de la BAD, acquis aux pays à revenus intermédiaires, fonctionne en mode ralenti dans une année 2017 où beaucoup de pays pétroliers cherchent justement des financements. Après des décaissements importants en 2016, notamment en faveur du Nigeria (1 milliard de dollars), de l’Angola (1 milliard de dollars), de l’Algérie (1 milliard de dollars) et du Gabon (500 millions de dollars), la banque panafricaine se trouve mathématiquement  dans une situation d’appel de fonds pour pouvoir poursuivre l’accompagnement des pays africains. Or, il y a quelques jours, un dossier d’augmentation de capital présenté aux administrateurs a été rejeté à l’unanimité.

Prétexte avancé,  la précédente augmentation de capital, intervenue en 2010, n’était  pas encore totalement souscrite. Ce rejet des administrateurs complique les choses puisqu’ à date, les dettes de la banque couvriraient 82% de ses engagements contre une norme fixée à 70%. Quant aux fonds propres et réserves de la banque panafricaine, ils  sont eux  en dessous du plancher de 30%, étant estimés à 18% des engagements de l’institution.  Cette dégradation des ratios milite pour  une augmentation de capital urgente.

Problème, celle-ci risque, si elle avait lieu, de diluer encore un peu plus certains membres régionaux qui ne sont pas en situation de préserver leurs positions en souscrivant à l’appel d’offres.  Le rapport de force 60-40% entre les membres régionaux et non régionaux risque d’être rompu.