Mahé (Seychelles), 21 Juillet 2016 – Olusegun Obasanjo, Ancien Président du Nigéria, a indiqué, hier, à Mahé aux Seychelles, que les pays Africains pourraient réaliser leur industrialisation en focalisant leurs efforts sur les matières premières disponibles localement et en soutenant le développement des entrepreneurs et industrialistes locaux.
Obasanjo s’est exprimé devant les participants pendant les séminaires du Groupe Consultatif de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) sur le Financement du Commerce et le Développement des Exportations en Afrique, organisés dans le cadre des activités de la 23ème Assemblée Générale Annuelle des Actionnaires (AG).
     L’Ancien Président a expliqué que les pays Africains gagneraient à ajouter de la valeur à leurs matières premières au lieu de les exporter dans leur état brut et que les gouvernements Africains se devaient de créer des opportunités pour rendre l’industrialisation et la production locales accessibles aux entrepreneurs désireux de saisir ces opportunités.
                Insistant sur le besoin de promouvoir de façon équitable l’essor des entrepreneurs et industrialistes, il a expliqué qu’avec le soutien adéquat, les entreprises Africaines pourraient évoluer et accroitre leur compétitivité dans un monde en pleine globalisation.
Pour sa part, Prof. Justin Lin, un ancien Économiste-en-Chef de la Banque Mondiale et Directeur de la Nouvelle Économie Structurelle à l’Université de Pékin, Chine, a dit que les pays Africains pourraient atteindre une croissance aussi dynamique que les pays émergents d’Asie du Sud-Est et d’autres parties du monde, si les gouvernements mettaient en pratique des politiques industrielles pragmatiques et œuvraient pour la construction de zones économiques et parcs industriels opérationnels.
Prof. Lin, qui est aussi Doyen Honoraire de l’École Nationale de Développement à l’Université de Pékin, a ajouté qu’une telle approche permettrait a l’Afrique de capter les opportunités créées par la délocalisation de millions d’emplois industriels hors de la Chine due à la hausse des salaires de la main d’œuvre chinoise.
Selon lui, la diversification et l’amélioration continue des industries sont la clé de la prospérité. Les politiques industrielles pragmatiques, les zones économiques spéciales et les parcs industriels sont les outils nécessaires pour ce processus d’amélioration et la transformation de l’Afrique et d’autres régions.
“La croissance dynamique et les hausses de salaires offrent une opportunité unique aux pays en voie de développement pour le démarrage de leur industrialisation et leur essor économique,” a déclaré Prof. Lin.
Dans son intervention, Prof. Joseph Stiglitz, Prix Nobel de l’Économie et Professeur à l’Université de Columbia, États-Unis, a appelé les pays Africains à réduire les barrières au commerce intra-Africain en vue de concrétiser les opportunités de l’intégration régionale.
Prof. Stiglitz a cité comme barrières les infrastructures et autres barrières tarifaires et non-tarifaires. Il a indiqué que beaucoup de pays Africains étaient trop petits pour réaliser des économies d’échelle et qu’ainsi le commerce intra-Africain permettrait de créer des marchés plus larges.
Il a insisté sur le besoin de poursuivre la diversification économique, en tant que vecteur de croissance pour l’Afrique, au même titre que l’éducation et l’industrialisation. De son point de vue, l’ampleur de la croissance de la population qui est attendue en Afrique dans un futur proche, devrait amener le continent à penser bien au-delà de l’industrialisation.
Helen Hai, Ambassadeur de Bienfaisance de UNIDO et Directrice Générale de l’Initiative Made in Africa, autre intervenante de la conférence, a prôné le besoin de se concentrer sur les marchés à l’export, étant donné que le marché Africain ne comptait à ce jour que deux pour cent du marché mondial.
Elle a mis en exergue le rôle que les parcs industriels pouvaient jouer dans l’industrialisation de l’Afrique, expliquant qu’il était plus facile de fournir l’infrastructure dans le cadre d’un parc industriel plutôt que de combler les besoins infrastructurels de tout un pays avec des ressources limitées. Ces zones industrielles serviraient ensuite d’inspiration pour en construire d’autres, générant ainsi plus de développement.
Les sujets qui ont été couverts pendant les panels de discussion de ce jour comprenaient: “Les parcs industriels et les zones économiques spéciales comme options pour accélérer le développement industriel – les leçons tirées des réussites et des défaites”; “Conduire le Grand Huit: Gérer les cycles « boom-chute » des matières premières”; et “Stratégie Optimale pour l’industrialisation de l’Afrique: faire évoluer les matières premières clés dans la chaîne de valeur”.
Plus tôt dans la journée, Michael Benstrong, Ministre Seychellois des Investissements, de l’Entreprenariat et de l’Innovation d’Entreprise, a ouvert l’Exposition Commerciale organisée dans le cadre des activités de l’AG, pendant laquelle Denys Denya, Vice-Président Exécutif d’Afreximbank chargé des Finances, de l’Administration et des Services Bancaires, a prononcé un discours. Le même jour, un forum sur les opportunités d’investissements aux Seychelles s’est également tenu, toujours dans le cadre de l’AG.
Les personnalités qui interviendront dans les diverses sessions à venir cette semaine, incluent Tony Elumelu, Président de Heirs Holdings ltd., Nigéria; Ahmed El Sewedy, Président de El Sewedy Industries, Egypte; et Dr. Paul Fokam, Président du Groupe Afriland First Bank.

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