Avec un taux moyen de croissance de 4 % en 2013, un PIB en progression de 4,7 % et une classe moyenne en plein développement, l’Afrique s’impose plus que jamais comme le relais de croissance de demain pour nos entreprises. Un message que sont venus réaffirmer les experts réunis par Lazareff Le Bars ce 5 décembre à Paris, qui ont tous souligné l’importance pour les investisseurs français de s’y engager résolument sans plus tarder pour être acteur du développement de ce continent.

Nayla Obeid et Benoît Lebars, spécialistes incontestés de l’arbitrageRIDAAI

 

Des échanges ouverts par M Mbagnick DIOP, Président du Mouvement des Entreprises du Sénégal (MEDS).MEDES

 

«L’Afrique offre les opportunités de rendements parmi les plus élevées du monde. Le ROE (return on equity) d’Orange au Sénégal est de 30 % plus élevé qu’en Europe», a ainsi martelé M. Mbagnick Diop, Président du Mouvement des Entreprises du Sénégal, venu ouvrir les travaux de ces 3e Rencontres Internationales du Droit des Affaires en Afrique. Un continent où les besoins d’investissements sont immenses. Un fort besoin de capitaux pour accompagner le développement du continent «Aujourd’hui, seuls deux pays sont capables de répondre à leur besoin d’investissement avec leurs propres ressources : le Maroc et l’Afrique du Sud. Les 52 autres pays du continent ont besoin de capitaux extérieurs. Autant d’opportunités à saisir», devait rappeler Monsieur Diop.  D’autant que des mécanismes très efficaces de gestion des risques existent comme le MIGA (Agence multilatérale de garantie des investissements de la Banque Mondiale), le FONGIP au Sénégal ou le Fonds Gari au niveau de l’Afrique de l’Ouest. Pour Etienne Giros, président du CIAN : «L’Afrique est le relais de croissance de demain et il faut y aller maintenant avant que les places ne soient prises. Mais il ne faut pas y aller seul, se faire conseiller et partager les risques». Pour Paul Werné, directeur juridique d’Etisalat (groupe de télécommunications) : «Il n’y a pas de freins à l’investissement massif et le cadre juridique notamment en Afrique francophone avec le droit OHADA est sécurisant». Un environnement des plus encourageants qui fait regretter à Nicolas Vaudremont, vice-président de Tractebel Engineering implanté sur le continent depuis 60 ans, «que l’Europe et la France ne soient pas aussi actives que peut l’être la Chine dont la part dans les importations est passée de 0 à 15 %, devenant ainsi le premier fournisseur de l’Afrique». Une vision juste et structurée Délivrant un conseil éprouvé sur les marchés locaux, Nicolas Vaudremont a appelé les porteurs de projet à «prendre le temps de trouver les bons partenaires, les bons réseaux et cibler les bonnes régions». Pour Thierry Patin, directeur financier de Tractebel Engineering, «il est indispensable de se structurer et se poser les bonnes questions en matière fiscale, juridique et humaine». Savoir s’entourer des  intelligences locales, c’est bien là l’une des clés de la réussite pour Stéphane Henry, CEO d’IPRO et Eric Bazin, co-fondateur des Ateliers de la Terre. D’où l’importance de recentrer les programmes de formation sur les besoins réels des entreprises comme s’y emploie déjà le gouvernement sénégalais, ou le programme «RH Excellence Afrique» initié par le CIAN en collaboration avec Lionel Zinsou, Président de PAI PARTNERS, afin de favoriser une montée en compétence indispensable pour répondre aux attentes des investisseurs. De quoi booster les relations d’affaires dans un climat de respect mutuel entre les entreprises du Nord et les grandes entreprises africaines émergentes «qui sont comme autant de partenaires potentiels pour nos entreprises» comme devait le souligner Jean-Philippe Payet, directeur d’Afrikasources. Le moyen aussi de mieux comprendre l’Afrique, ses mutations, ses attentes et les besoins des acteurs locaux, préalable indispensable à toute politique d’investissement selon Roland Portella, président de la Coordination pour l’Afrique de Demain (CADE). Enfin, il convient de passer outre nos appréhensions le plus souvent injustifiées. «Les entreprises françaises se montrent plus frileuses que leurs consoeurs anglo-saxonnes plus promptes à prendre des risques» a regretté Bimpe Nkontchou, co-fondatrice du cabinet Addie & Co Advisory.   Un marché du droit qui se structure pour mieux sécuriser les investissements Si le marché africain du droit est jeune, la qualité de son offre en constante progression, assure une véritable sécurisation aux investisseurs, comme la démontrée l’enquête dévoilée en avant-première par Day One. L’accompagnement en amont des projets par des cabinets de niche, proposant une parfaite connaissance de l’écosystème et des stratégies d’optimisation et offrant un accès aux informations pertinentes pour assurer une bonne gestion des risques, à l’instar du Cabinet Lazareff Le Bars, apparaît dès lors comme une garantie de succès sur un marché multiple qu’il faut savoir appréhender. Coller à la réalité locale et être à l’écoute des besoins, voilà une exigence à ne jamais perdre de vue, comme devait le rappeler fort judicieusement Pascal Drouhaud, vice-président Latin America and subsaharian Africa International Network d’Alstom. Tout comme celle de savoir s’entourer de bons partenaires en vérifiant notamment la structure de leurs sociétés et la propriété de leurs actifs. Tous les intervenants ont par ailleurs attiré l’attention des investisseurs sur la place prépondérante des Etats dans de nombreux projets qui contraint à les structurer de manière différente. Leur sécurisation grâce aux clauses d’arbitrage et le rôle des médiations ad hoc et diplomatiques bien gérées, permet de trouver des modes de sortie de crise. A ce titre, l’Ile Maurice s’impose de plus en plus comme une plateforme stratégique tant en matière financière que de règlements des conflits. Reste toutefois à poursuivre la formation des magistrats et professionnels du droit pour une meilleure application au niveau local. Un mouvement déjà amorcé comme le démontre le «Doing Business 2015» qui souligne que 74 % des Etas africains ont récemment amélioré leurs législations des affaires, créant un environnement plus propice à l’accueil des projets de long terme. Une meilleure gouvernance qui doit s’accompagner d’un développement du secteur privé et de la formation des jeunes dans les domaines compétitifs, selon Nayé Anna Bathily de la Banque Mondiale, pour qui l’émergence de l’Afrique n’est plus un mythe mais une réalité.

 

 

Philippe Sclavon, Rédacteur en Chef RIDAA

photosJean-Marc Lailheugue – JM2L.fr