La République démocratique du Congo (RDC) a mobilisé 543,3 milliards de francs congolais de recettes publiques au 12 mars 2026, soit l’équivalent d’environ 241,2 millions de dollars au taux de change interbancaire de 2 252,19 CDF pour un dollar. Ce niveau de mobilisation, communiqué par la Banque centrale du Congo (BCC), illustre la capacité persistante des régies financières à alimenter le Trésor, dans un contexte où de nombreux États africains cherchent à renforcer leurs ressources internes pour financer leurs priorités budgétaires sans creuser excessivement leur dépendance à la dette.
Dans le détail, la Direction générale des douanes et accises (DGDA) a fourni la plus forte contribution avec 227,3 milliards de CDF, devant la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), qui a mobilisé 167,8 milliards, et la Direction générale des impôts (DGI), avec 148,2 milliards de CDF. Cette structure confirme le poids déterminant des recettes douanières et parafiscales dans l’architecture budgétaire congolaise, un profil fréquent dans plusieurs économies africaines où la fiscalité intérieure reste encore en consolidation.
En face, les dépenses publiques se sont élevées à 869,2 milliards de CDF sur la même période, soit un niveau nettement supérieur aux recettes encaissées. Les principaux décaissements ont concerné les salaires des agents et fonctionnaires de l’État, à hauteur de 284,0 milliards de CDF, ainsi que les frais financiers, estimés à 25,1 milliards. Cet écart met en lumière la pression persistante sur la trésorerie publique et rappelle que, pour Kinshasa comme pour d’autres capitales africaines, l’enjeu n’est pas seulement d’augmenter les recettes, mais aussi de mieux synchroniser mobilisation fiscale, qualité de la dépense et soutenabilité budgétaire.
La BCC souligne d’ailleurs que, pour mars 2026, le plan de trésorerie de l’État prévoit 2 281,2 milliards de CDF de recettes, contre 2 613,8 milliards de dépenses. Le premier trimestre reste marqué par une progression des dépenses publiques, alimentée notamment par des charges exceptionnelles à caractère diplomatique, sécuritaire et humanitaire. Dans ce contexte, la gestion des équilibres budgétaires demeure un test de crédibilité macroéconomique pour la RDC, à l’heure où les investisseurs africains et internationaux sont attentifs à la discipline fiscale, à la maîtrise du déficit et aux besoins de financement domestique.
Ces chiffres s’inscrivent toutefois dans une trajectoire de mobilisation plus robuste sur l’ensemble de l’exercice précédent. À fin décembre 2025, les recettes publiques de la RDC avaient atteint 28 294,8 milliards de CDF, contre des assignations de 27 401,2 milliards, soit un taux de réalisation de 103,3 %, selon la BCC relayée par l’ACP. Cette performance suggère que le pays conserve un potentiel réel d’élargissement de son effort budgétaire, à condition de poursuivre les réformes sur l’administration fiscale, la formalisation de l’économie et l’efficacité des régies financières.

