L’affaire de recrutement des agents d’encadrement supérieur continue de faire les gorges chaudes entre le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) Abbas Mahamat Tolli et le président en exercice de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) Hervé Ndoba, par ailleurs président du conseil d’administration de la Banque centrale.

En réaction à la correspondance du président de l’Union monétaire de l’Afrique centrale ordonnant « de sursoir, de manière immédiate, à ce processus de recrutement »  le gouverneur a fait une sortie épistolaire dans laquelle il clame la souveraineté du gouvernement de la Banque centrale de procéder à ce type de recrutement sans  s’en référer au conseil d’administration.

Il s’est notamment appuyé sur l’article 1.4 du statut qui donne compétence au gouverneur pour recruter, nommer et révoquer le personnel dont la nomination ne relève pas du conseil d’administration. « Aucun organe ne saurait s’immiscer dans les attributions du gouvernement de la BEAC exercées en toute transparence et dans l’intérêt supérieur de l’institution, sans causer d’entorse aux principes de subsidiarité et de gouvernance susévoqués, ainsi qu’au sacro-saint principe de l’indépendance de la Banque centrale », a-t-il précisé.

Le gouverneur qui d’abord réfute tout favoritisme dans lesdits recrutements au regard d’une forte présence des admis qui seraient ses proches, a tenu à « rassurer que le processus de recrutement en cours est conduit et organisé de bout en bout par un cabinet international de grande réputation et choisi par voie d’appel d’offres international, qui bénéficie pour cela de l’appui d’une Commission ad hoc mise en place au sein de la Banque ».

Estimant qu’il s’agit d’accusations sans preuves, Abbas Mahamat Tolli dit « regretter que vous n’ayez fourni aucune illustration des situations et exemples censés porter préjudice à l’image de la Banque, situation qui m’aurait permis de vous donner de plus amples explications sur de prétendus incidents qui auraient émaillé le déroulement de ce concours, qui au demeurant n’est pas encore arrivé à son terme ».

Fort de ce qui précède, le gouverneur de la BEAC s’est voulu catégorique, tant « il me parait de toute évidence que contraindre le gouverneur de la Banque centrale à convoquer des sessions extraordinaires du conseil d’administration et du Comité ministériel sur une question relevant purement de la gestion opérationnelle, est contraire aux statuts de la Banque centrale ( article 47.5 ) et constituerait un dangereux précédent ».

Pour l’instant, difficile de savoir l’aboutissement de cette affaire qui démontre au grand jour les divergences entre le gouvernement et le conseil d’administration de la BEAC.

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