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Entretien exclusif avec Moulay Hafid Elalamy, ministre marocain de l’industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique.

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« Le Maroc a fait le choix stratégique de s’ouvrir sur le monde »

Propos recueillis par Abashi Shamamba.


Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie Numérique du Maroc, est sur tous les fronts. Cet ancien assureur et financier a un agenda démentiel et mène sa mission à un rythme d’enfer. Gare aux collaborateurs qui ne soutiennent pas le tempo ! « MHE » comme l’a surnommé la presse a réussi à mobiliser les industriels marocains dès le début de la crise sanitaire pour répondre aux besoins pressants du pays. Dans le textile, plusieurs PME se sont converties en peu de temps à la production de masques dont elles exportent une grosse partie en Europe et dans plusieurs pays africains. D’autres ont fabriqué des lits de réanimation si importants par ces temps de pandémie. En parallèle, Moulay Hafid Elalamy a lancé une «banque de projets» pour accompagner entre autres, sa politique de substitution à l’import. Et la mayonnaise prend. Mais il prévient : «il n’est pas question de soutenir, ni de protéger les entreprises qui ne sont pas compétitives».


Au-delà de la nécessité d’assurer l’indépendance du pays sur certains produits et matières premières, quels enseignements tirez-vous de la crise du Covid-19 ?

Moulay Hafid Elalamy : Cette crise sanitaire a été un coup dur pour l’économie mondiale et son impact a été inéluctable. Nous avons traversé des moments difficiles dont nous nous en sommes sortis plus forts grâce au leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Cette pandémie nous a permis de tirer de nombreux enseignements et surtout de nous découvrir. Elle nous a, d’abord, montré à quel point il faut compter davantage sur soi. Mais, elle nous a aussi amené à faire preuve d’innovation et d’efficacité pour la dépasser. Et pour reprendre vos mots, au-delà de la nécessité d’assurer l’indépendance du pays sur certains produits et matières premières, notre pays a surtout réussi à monter en compétence, en production et en agilité. En un temps record, le Maroc est parvenu à fabriquer localement des masques de protection, des respirateurs, des lits de réanimation, des kits de test et de prélèvement…

Et si certains secteurs, notamment le textile et l’habillement, ont dû se reconvertir pour répondre aux nouveaux besoins suscités par la crise, d’autres ont été, purement et simplement propulsés. C’est le cas du digital qui s’est imposé, pendant la période du confinement, comme l’alternative n°1 aux différentes restrictions préventives mises en place. L’affluence particulière constatée à différents niveaux a redoré le blason du digital et accéléré la transformation digitale. De cet état des lieux s’est dégagé un constat : il faut capitaliser sur nos acquis et saisir toutes les opportunités qu’offre ce contexte d’exception pour creuser de nouvelles pistes de développement pour notre industrie. C’est sur cette base que nous avons entrepris le déploiement du Plan de Relance industrielle (PRI) afin de fusionner les atouts de la plateforme industrielle marocaine et l’agilité dont ont fait preuve les opérateurs industriels et les compétences marocaines durant la période de crise. En deux ans (2021-2023), le PRI se donne ainsi pour mission d’accompagner les filières industrielles et de renforcer leur intégration dans l’objectif de démultiplier leur capacité à créer de l’emplois et de la valeur, mais aussi de développer l’entrepreneuriat industriel en favorisant l’émergence d’une nouvelle génération d’industriels.

La politique de substitution à l’import que vous portez présente bien des avantages mais elle peut aussi déboucher sur des situations de confort pour des entreprises qui se sentiraient ainsi à l’abri de la compétition internationale. Où placer le curseur afin d’éviter ce piège ?

D’abord, je tiens à rappeler que le Maroc n’est ni un pays cloîtré autour d’une économie nationale, ni qu’il promeut le protectionnisme. Tout au contraire, notre pays a fait le choix stratégique de s’ouvrir sur le monde, il a noué pas mal d’accords de libre-échange avec des pays d’une force économique internationale. Et c’est dans ce cadre que s’est opéré, depuis des décennies, le développement de l’économie marocaine à travers des stratégies successives dont le point commun a toujours été le renforcement de sa compétitivité en vue de lui permettre de s’imposer quel que soit le marché dans lequel elle se trouve. Je profite ainsi de votre question pour dissiper toute allusion faisant de la banque de projets une mesure pour protéger les opérateurs nationaux de la compétition internationale. Ce n’est absolument pas la finalité à l’origine même de la naissance de la banque de projets en septembre 2020, et qui est de doper la compétitivité de nos entreprises.

Cette mesure s’inscrit au premier axe du Plan de relance industrielle visant à confirmer la place industrielle du Maroc et à le positionner comme partenaire stratégique dans ce contexte de resserrement des chaînes de valeur. Le but étant, pour nous, de conquérir de nouveaux marchés en utilisant la commande publique comme catalyseur et de promouvoir la substitution aux importations pour dynamiser la croissance de la production locale. La banque de projets, dotée, actuellement, de 275 fiches-projets, offre, dans ce cadre précis, je tiens à le souligner, des opportunités d’investissement et un accompagnement aux porteurs de projets. Inédite, cette initiative a suscité un tel engouement qu’elle a réussi de dépasser, en moins d’un an d’existence, son but initial d’atteindre un potentiel de substitution à l’importation de 34 milliards de dirhams à fin 2021, avec un total de 523 de projets d’investissement industriels validés au mois de juin 2021, représentant un potentiel de substitution à l’importation de 35,5 milliards de dirhams. Le «curseur», comme vous dites, je le place sur le renforcement de la compétitivité du produit local vis-à-vis du produit étranger. Nos marchés sont inondés de produits importés que nos opérateurs peuvent non seulement fabriquer, mais dépasser en rapport qualité/prix.

C’est le principe de la substitution qui, ici, n’est pas synonyme de faire pareil pour se reposer, ensuite, sur ses lauriers «à l’abri de la compétition internationale», mais, au contraire, de prouver notre capacité à développer le produit, à répondre au mieux aux exigences du consommateur marocain et à innover dans la perspective de créer des marques marocaines fortes à l’international, de développer le sourcing local des grandes et moyennes surfaces et d’améliorer l’image de marque du «Made in Morocco» à l’échelle mondiale. C’est un travail sans répit et toute entreprise qui se sentirait dans une situation de confort est hors compétition. Sa vie ne peut durer longtemps, c’est la loi du marché !

Une partie des classes moyennes urbaines au Maroc ont des standards de consommation que les produits locaux ne leur assurent pas forcément. Augmenter la protection douanière de manière indifférenciée sur des produits finis importés vous paraît-il pertinent ?

Que nos produits locaux ne soient pas aux standards de consommation, c’est une idée reçue. Elle est complètement fausse ! Je peux vous assurer que les consommateurs marocains font preuve d’une prise de conscience collective quant à l’importance de consommer local. Et pour cause, ils ont bien compris qu’ils ont un rôle décisif à jouer dans l’accompagnement de l’industriel national parce que ce dernier crée de l’emploi dont profitent nos jeunes. D’après un sondage mené par un groupe spécialisé en études de marché, en décembre dernier, 75% des consommateurs marocains se montrent prêts à acheter des produits d’origine marocaine plutôt que des produits étrangers. Et cette volonté a été accentuée après la fermeture des frontières durant la crise sanitaire de la Covid-19. Mais je ne veux pas dire par là que seul un principe patriotique et/ou de solidarité guide le choix de la consommation. Les consommateurs marocains sont de plus en plus exigeants et de moins en moins tolérants vis-à-vis de la mauvaise qualité de tout produit y compris importé. Toutefois, il arrive que ce choix se porte sur un produit étranger parce qu’un autre de fabrication locale est méconnue malgré sa qualité meilleure. En règle générale, c’est le rapport qualité/ prix qui tranche dans l’acte de choisir tel ou tel produit. Si nos producteurs présentent le meilleur rapport, il est de notre devoir de les soutenir pour mieux se faire connaitre dans le marché local qui représente, je tiens à le souligner, un levier incontournable pour leur développement. Alors, oui, je trouve «pertinent» les efforts déployés pour appuyer nos entreprises qui ont payé un lourd tribut durant la crise sanitaire ayant freiné l’économie mondiale. Et c’est toujours dans le même but que nous n’avons pas hésité à renégocier certains ALE pour rétablir l’équilibre de la balance commerciale. Comme on dit, les bons comptes font les bons amis !

Dans quel état se trouve l’industrie aéronautique marocaine au regard de la chute des commandes auprès de deux grands constructeurs mondiaux ?

Comme vous le savez, pour ce secteur, la situation à l’échelle internationale, n’a pas été facile. L’aéronautique a subi de plein fouet l’impact de la crise sanitaire qui s’est traduit par une baisse de 80 % du trafic aérien mondial, par rapport à janvier 2020. Mais, j’aime à dire que de cette récession, on en garde que le mauvais souvenir. Nos opérateurs locaux ont fait preuve d’une résilience et d’une agilité exceptionnelles et ont contribué énormément à la mobilisation nationale de riposte contre la pandémie en apportant leur expertise et leur esprit d’innovation pour la production d’équipements médicaux comme les respirateurs artificiels ou les lits de réanimation. Malgré la crise, ce secteur, au plan national, a réussi à récupérer 81% de ses effectifs et il n’a pas perdu une once de son attractivité que ce soit pour le coût ou la qualité. D’ailleurs, je tiens à rappeler que SPIRIT a poursuivi l’opération du rachat de l’usine de Bombardier de Casablanca en pleine crise.

C’est une preuve éloquente de la confiance que témoignent les constructeurs mondiaux du secteur à la plateforme aéronautique nationale qui a fidélisé des acteurs de référence, dont les plus grands noms de l’industrie comme Boeing, Airbus, Safran et Hexcel. Que dire alors sauf que notre secteur aéronautique marocain s’ouvre désormais sur des perspectives prometteuses ! A présent, nos opérateurs se préparent à relever les défis qu’imposent l’évolution du secteur notamment au niveau du moteur aéronautique et les évolutions environnementales. Le Maroc prévoit ainsi de développer l’écosystème d’ores et déjà connecté à la locomotive historique Safran et, tout récemment, aux motoristes Rolls Royce et Pratt& Whitney, et renforce son positionnement, grâce aux investissements récents, dans l’écosystème propulsion. De nouveaux écosystèmes seront également déployés notamment dans les technologies de pointe de l’industrie 4.0, la décarbonation, la recherche appliquée et l’innovation. Nous avons déjà amorcé la course en ce qui concerne le composite, le MRO (Maintenance, Repair, and Operations), la propulsion mais aussi l’ingénierie. Nous avons un capital humain qualifié, à la hauteur des enjeux auxquels fait face le secteur. Nous avons confiance en nos jeunes, leurs talents intarissables répondront très certainement aux nouvelles exigences et évolutions du secteur.

Vous aviez, à juste titre, indiqué que vous encourageriez pour des secteurs comme le textile ou l’agroalimentaire, des stratégies qui intégreraient des pays africains dans les chaînes de valeur du Maroc. Quelles sont les premières initiatives dans ce sens ?

Sa Majesté le Roi Mohammed VI fait de l’intégration économique de l’Afrique dans les chaînes de valeur mondiales une priorité stratégique pour le Maroc. Notre savoir-faire et notre expertise sont mises au service de cet objectif quel qu’en soit le secteur, par principe de solidarité et de complémentarité entre tous les pays frères du Continent. Nous sommes tous appelés à mieux exploiter nos potentialités pour trouver des solutions propres au développement de notre continent. Et dans ce cadre précis, je peux vous assurer que l’industrie représente un pourvoyeur extraordinaire d’emplois et de transfert technologique à même de contribuer à l’émergence économique de l’Afrique. L’un des secteurs industriels qui a joué un rôle déterminant, justement, dans la gestion de la crise de la Covid-19 au Maroc, est l’agroalimentaire qui assure la sécurité alimentaire. C’est un secteur primordial qui a évolué au fil des années et bénéficie de la convergence et la complémentarité entre la stratégie industrielle et la stratégie agricole dans la perspective de renforcer l’intégration entre l’amont agricole et l’aval de transformation et accélérer le développement du secteur.

Le complexe de fertilisants «Africa Fertilizer Complex», qui avait été lancé en 2016 par le Souverain répond justement à cette préoccupation de sécurité alimentaire dans le continent africain et vise aussi l’amélioration des conditions des agriculteurs. Le secteur du textile a, lui aussi, fait un bond en avant au Maroc. C’est l’une des colonnes vertébrales de notre industrie qui a joué un rôle essentiel dans la riposte nationale anti-covid en assurant la fabrication des masques en un temps records non seulement pour répondre aux besoins du marché national mais aussi étranger, notamment africain. Le savoir-faire reconnu mondialement et la main-d’œuvre qualifiée ont fait la force du textile lui permettant ainsi de renouer avec la croissance malgré un état des lieux défavorables. Le secteur présente un degré élevé d’intégration horizontale, notamment dans les domaines de la conception, de la vente au détail et de la marque. Et si l’on se réfère aux complémentarités existantes, c’est un grand potentiel de coopération qui se profile, pour nous, dans ce secteur. Des co-investissements en amont de la filière au niveau, par exemple, de l’impression, la teinture, le finissage, ainsi que la co-production pourraient représenter des horizons très prometteurs à cette coopération. La recherche et l’innovation sont également un axe fondamental sur lequel pourrait porter notre coopération, pour soutenir la création des chaînes de valeur régionales. Nous en avons le potentiel et les atouts nécessaires. Et je suis convaincu qu’on y arrivera en consolidant la coopération qui unit les pays du continent et nous permettra de relever le défi de la co-émérgence.

Vous avez également en charge l’économie numérique. Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas eu d’émergence des fintechs au Maroc à l’inverse des pays comme le Kenya ou le Nigeria ?

Je peux vous assurer qu’aujourd’hui, le secteur a entamé son émergence. Nous avons réussi, pendant la période de confinement, à faire de l’adoption de la digitalisation et de son intégration comme outil incontournable dans plusieurs secteurs un vecteur d’implantation de projets innovants en un temps record. A ce stade, on ne peut, certainement, pas dresser de comparaison avec des pays comme le Kenya ou le Nigéria que vous avez cités en exemple, parce que l’émergence des fintechs dans chaque pays dépend toujours des circonstances spécifiques qui conditionnent le développement de cet écosystème. Le Nigéria, avec une population de plus de 200 millions d’habitants, se base sur un marché très large permettant aux startups de se développer grâce à cet atout. Le Kenya, quant à lui, a su combler un retard dans le taux de bancarisation de sa population en tirant profit du secteur des Télécoms pour développer une offre de paiement mobile «M-PESA» ayant permis de créer un bond substantiel dans l’inclusion financière et la digitalisation des transactions financières.

Le Maroc, fort de ses institutions financières et bancaires, suit une trajectoire différente, avec pour principe de base le développement de l’inclusion financière. Celle-ci s’est forgée autour d’une véritable stratégie nationale pour l’inclusion financière, impliquant les départements ministériels, dans un travail en profondeur, portant sur les aspects réglementaires, technologiques, éducatifs et financiers visant à exploiter tout le potentiel et les opportunités que peut offrir la digitalisation au service de l’inclusion financière, en particulier l’offre de paiement mobile. Et je tiens à rappeler, dans ce cadre, que le Maroc est l’un des rares pays sur le continent africain à avoir adopté une loi facilitant l’activité de financement participatif : le crowdfunding. Notre pays a également mis en œuvre à travers le régulateur des télécommunications l’ANRT et la Banque Centrale, une plateforme unique de paiement mobile regroupant différents acteurs (télécoms, banques, commerçants, l’état…). L’objectif étant de proposer une offre en lien avec chacun son positionnement et d’aider les consommateurs à se détacher du cash et à évoluer vers des services financiers numériques.

Ainsi, les initiatives en faveur de l’écosystème des fintechs au Maroc se structurent et s’accélèrent avec le concours d’institutions importantes, notamment Bank-Al-Maghrib, Casablanca Finance City et le Ministère de l’Industrie, de l’Economie Verte et Numérique qui a lancé un incubateur dénommé « Moroccan Retail Tech Builder », dédié aux startups dans le domaine du commerce de proximité ayant pour vocation de favoriser l’inclusion financière et l’accélération de la digitalisation. Il a également lancé un appel à projets dans le cadre d’un programme intitulé «Al-Khawarizmi» visant à appuyer les projets de recherche dans le domaine de de l’intelligence artificielle (IA) et ses applications en vue d’encourager et d’inciter à la recherche scientifique appliquée dans le domaine de développement du digital. Autre initiative : la mise en place d’une Plateforme Startup Hub Maroc pour valoriser et augmenter la visibilité de l’ensemble des initiatives portées par les acteurs de l’écosystème, telles que l’accès aux mesures d’accompagnement et d’appui proposés par les institutions des secteurs publics, privés et associatifs.


Encadré

La transformation à marche forcée de l’industrie textile

Octobre 2019. Le ministre « MHE » à l’inauguration à Berrechid (140km au Sud de Rabat, la capitale) de l’usine Lamatem de fabrication d’articles de textile médical.

Le modèle de l’industrie textile marocaine figé dans un schéma de travail à façon est-il tenable face à des pays moins disants que le Royaume en Asie du sud ? Ne faudrait-il pas la pousser à une reconversion, même partielle ?

Moulay Hafid Elalamy : C’est dans la dynamique, le changement et l’adaptation que s’opère l’évolution de tout secteur. Celui du textile- habillement est, pour le Maroc, l’une des colonnes vertébrales de l’industrie nationale et il a bien démontré son agilité durant la période de crise sanitaire en se tournant vers la reconversion dans le cadre de la mobilisation nationale contre la Covid-19. Il a, bien évidemment, subi, à l’instar d’autres pays, les conséquences de la baisse de consommation et des fermetures, mais, à présent, il renoue avec le fil de la croissance. D’ailleurs, depuis le début de l’année 2021, le Maroc a enregistré la plus forte évolution des exportations vers l’Europe avec plus 23%. C’est vous dire à quel point ce secteur est en effervescence et il n’est certainement pas figé dans le schéma de travail à façon ou dans un quelconque autre schéma statique. Ce secteur a bien évolué et a réalisé une bonne performance dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI).

En termes d’export, par exemple, la croissance s’est traduite en chiffre d’affaires additionnel de 5,5 milliards de dirhams entre 2014 et 2019, dépassant l’objectif premier fixé à 5 milliards au niveau des écosystèmes. Et malgré l’année de pandémie, le secteur a réalisé un très bon chiffre d’affaires d’un volume de 28,6 milliards de dirhams. Le Plan d’accélération industrielle a donné naissance, dans le secteur, à 203 projets d’investissement, d’un montant global de 5,4 milliards de dirhams ayant généré 31.130 emplois et un chiffre d’affaires de plus de 12 milliards de dirhams, dont 8 milliards à l’export. Le segment de la fast fashion et l’habillement s’est accaparé de plus de la moitié (52%), suivi d’un écosystème émergent : la filière textile à usage technique, avec 17%. Si j’ai tenu à partager ces chiffres avec vous, c’est pour vous montrer la diversité des activités dans le secteur que le Plan d’accélération industrielle a regroupé en six écosystèmes: fast fashion, maille, l’écosystème distributeur, l’écosystème denim, l’écosystème textile à usage technique et le textile de maison. Aujourd’hui, le Plan de Relance Industrielle poursuit ce chemin entamé de la croissance pour rendre ce secteur le plus compétitif possible au monde. Le textile national opère sa transformation en se mettant au diapason de la technologie de pointe, qui intègre des savoir-faire rares et importants. Les opérateurs marocains sont convaincus que c’est dans la technique et l’innovation que l’on peut se battre contre la concurrence acharnée au niveau international et préparer une nouvelle génération de textiliens industrie 4.0. Et si plusieurs groupes internationaux, dont des Turcs et des Chinois, ont choisi de s’installer au Maroc, ce n’est pas par hasard, mais bien parce que les conditions sont favorables à leur compétitivité que ce soit au niveau du savoir-faire, de la main-d’œuvre qualifiée ou de la logistique. Et je précise que la période de pandémie n’a pas altéré cette confiance.

Notes:

Abashi Shamamba
Docteur en sciences économiques, Journaliste professionnel depuis 25 ans. A dirigé la rubrique Macroéconomie du premier quotidien économique du Maroc. Longue expérience dans l'enseignement supérieur.

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