Banque Africaine de Développement (BAD): les enjeux du choix de l’irlandaise Mary Robinson

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Mary Robinson, Ellen Johnson Sirleaf et Ban Ki-moon discutant du rôle vital d'un système multilatéral qui fonctionne bien dans la prévention de la violence.

Comme nous l’annoncions hier, c’est l’irlandaise Mary Robinson qui a été cooptée par madame Kaba Nialé, présidente du bureau du conseil des gouverneurs, pour conduire la “revue indépendante du rapport du comité d’éthique” relatif aux 16 allégations soulevées par les lanceurs d’alerte contre le président Akinwumi Adesina de la Banque Africaine de Développement (BAD). La plainte avait fait l’objet d’un rapport du comité d’éthique lequel avait blanchi le président Adesina de toutes les allégations. Mais, sous la pression américaine, qui exigeait une enquête indépendante, le conseil des gouverneurs s’est engagé sur une revue indépendante du rapport du comité d’éthique.

Le choix de l’ancienne premier ministre d’Irlande, ancienne envoyée du secrétaire général de l’ONU pour les grands lacs, s’est fait au détriment du sud-africain Leonard Mccarthy, un expert international en matière d’éthique et des règles et procédures anti-corruption avec une réputation acquise à la dure à Washington.

En effet, Leonard Maccarthy fut de 2008 à 2017, vice-président de la Banque Mondiale en charge de l’Intégrité. Plébiscité par Nelson Mandela, adulé par Tabo Mbeki, ce profil rugueux, à la tête du cabinet LFMcCarthy Associates, était pendant longtemps pressenti pour conduire cette mission avant d’être écarté à la dernière minute au profit de l’irlandaise.

La compétence académique et pratique de Mary Robinson est, somme toute, hors de reproche, quoiqu’elle présente la caractéristique d’être présidente des “The Elders”, un réseau où elle siège avec l’ex-présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, Prix Nobel de la Paix, qui fait partie du groupe des 11 anciens chefs d’Etat signataires d’une lettre de soutien au président Adesina. Plus politicienne que consultante et praticienne du droit, Mary Robinson a une bonne réputation mais n’a jamais mené un tel travail et ne dispose pas d’expérience étendue dans ce domaine.

Une fois le choix validé, il convient de s’interroger sur le périmètre et le timing de la mission sensée être conduite à distance, covid-19 oblige, pour être présentée sous forme de rapport avant les assemblées générales électives de la BAD. Qui sera donc le principal interlocuteur de Mary Robinson ?

En principe, c’est l’auditeur général de la BAD, Okonkwo Chukwuna, 61 ans qui devrait être aux premières lignes vue le contenu desddites allégations. Seul hic, ce nigeriano-américain, nommé par Kaberuka en 2015, a vu son contrat arrivé à terme il y a quelques jours. L’interlocuteur naturel de madame Mary Robinson arrivera-t-il à renouveler son contrat à temps pour aider à la conduite du rapport à bon port ?

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