Covid-19 et déconfinement: le Maroc joue une coûteuse carte de la prudence

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Epuisés par un confinement en vigueur depuis le 19 mars, les marocains attendaient la bonne nouvelle, celle du déconfinement, le 10 juin dernier. A la dernière minute, les autorités ont préféré prolonger, contre l’avis des opérateurs économiques, l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 10 juillet prochain. Une décision assortie d’une campagne de dépistage massif dans les entreprises affiliées à la confédération patronale (CGEM), invitées à reprendre leurs activités dès le 11 juin (à condition pour celles-ci de participer au dépistage). Le prolongement de l’état d’urgence suscite des critiques de la part de certains experts qui rappellent que jusque-là, seuls 1% de la capacité hospitalière a été utilisée.

“«La maîtrise de la situation et les chiffres très rassurants n’expliquent aucunement le maintien du confinement qui manque cruellement d’un fil conducteur», déplorent des médecins, cités par le quotidien l’Economiste, proche des milieux d’affaires. .

Dans le cadre de ce confinement progressif, le pays est divisé en deux zones. La zone 1 qui concerne les régions les moins peuplées, va retrouver une vie presque normale, c’est-à-dire la circulation sans permis spécial et la réouverture des espaces publics. Ce qui n’est pas le cas de la zone 2 constituée des grandes villes, allant de Rabat, capitale du royaume, à Casablanca, capitale économique, en passant par les pôles touristiques de Marrakech et Tanger. Cette zone 2 regroupe 39% de la population mais abrite 87 % des cas de contamination.

S’exprimant sur le sujet, mercredi 10 juin, devant le parlement, le Premier ministre Saad-Eddine El Othmani, qui n’était pas accompagné de son ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb, estimait que “le confinement est difficile, mais a permis de sauver des vies”. Les indicateurs sanitaires, souligne-t-il, s’améliorent. Et le premier ministre de rappeler que le taux de létalité est de 2,5 % et que 92 % des cas sont légers ou asymptomatiques.

Toutefois, la situation diffère d’une région à une autre. “De temps à autre, un foyer de contamination apparaît”, a rappelé le premier ministre qui a perdu beaucoup de sa popularité dans sa gestion de la crise. Face à des députés très remontés, El Othmani a indiqué que la «zone 2» regroupe 39 % de la population du pays mais abrite 87 % des cas de contamination officiellement enregistrés, assurant que le pire a été évité sur le plan sanitaire.

Au 11 juin, le royaume faisait état de 8 537 cas positifs depuis le début de la pandémie, 7 583 guérisons et 211 décès. Si les mesures drastiques ont permis de conjurer le pire ( 9 000 morts évités selon une étude gouvernementale), il n’en demeure pas moins que le royaume devrait désormais puiser dans ses tréfonds pour faire repartir sa machine économique et touristique. Sur ce dernier point, la pression vient de la destination Tunisie qui ouvre sa saison dès le 27 juin.

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