La BEAC note une relance économique en Zone CEMAC

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Indépendamment des causes endogènes et exogènes traduisant une conjoncture difficile, la situation économique des pays d’Afrique centrale s’est timidement relancée en 2018 indique la Banque centrale dans son rapport annuel.

Par Achille Mbog Pibasso

En dépit de vulnérabilités persistantes aux plans monétaire, financier et sécuritaire dans certains pays de la sous-région, confrontés notamment à la menace terroriste, l’on note un regain d’activité dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) selon le rapport annuel 2018 publié le 13 janvier 2020.

Pour illustrer cette embellie, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) souligne que la croissance réelle est passée de 0,6 % en 2017 à 1,6 % en 2018, le déficit budgétaire s’est considérablement réduit de 4,8 % du PIB (Produit intérieur brut) à 0,5 % du PIB sur la même période, et le déficit extérieur courant s’est replié de 6,4 % du PIB en 2017 à 3,4 % du PIB en 2018. Par ailleurs, le taux de couverture extérieure de la monnaie s’est amélioré sur la période, progressant de 57,5 % à fin décembre 2017 à 61,4 % à fin décembre 2018.

Pendant la période considérée, l’évolution des principaux agrégats monétaires de la CEMAC a été caractérisée par un accroissement significatif des créances nettes sur les Etats, une hausse des avoirs extérieurs nets, une expansion du financement de l’économie, et une progression de la masse monétaire induite par toutes ses contreparties. L’encours du crédit intérieur a connu une hausse de 8,8 % par rapport à son niveau à fin décembre 2017, pour se situer à 11 468,7 milliards de FCFA  à fin décembre 2018.

« Fort des enseignements de son nouvel environnement et de la conjoncture internationale et Sous-régionale, la BEAC a continué d’encourager les Etats membres à poursuivre les efforts visant d’une part, à redresser leurs finances publiques, en droite ligne des engagements pris par les autorités de la Sous-région dans le cadre des programmes d’ajustement signés ou en négociation avec le FMI, et d’autre part à améliorer le climat des affaires et à promouvoir l’investissement dans le but de diversifier leurs économies », a indiqué le Gouverneur de la BEAC Abass Mahamat Tolli.

Pour juguler les risques pesant sur la stabilité extérieure de sa monnaie, dans un contexte de faible inflation et de remontée des prix du pétrole, conjuguée avec l’augmentation de la production des hydrocarbures de la Sous-région, la BEAC a maintenu en 2018, l’orientation restrictive de sa politique monétaire afin de poursuivre la reconstitution des réserves de change.  

Ainsi, dans le nouveau cadre opérationnel de la politique monétaire en vigueur depuis le 11 juin 2018, le sens et le volume de l’intervention hebdomadaire de la Banque Centrale sur le marché monétaire résultent des prévisions des facteurs autonomes de la liquidité bancaire (FALB).

L’ombre tutélaire du FMI

En parcourant ledit rapport annuel, il ressort que les créances nettes du système monétaire sur les Etats se sont établies à 3 364,6 milliards de FCFA à fin décembre 2018, en progression de 616,2 milliards de FCFA par rapport à leur volume à fin décembre 2017. Une évolution qui résulte essentiellement de la baisse des dépôts publics et des décaissements effectués par le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre des programmes économiques et financiers en cours d’exécution dans certains pays de la CEMAC.

Quatre des six pays de la sous-région, en l’occurrence, le Cameroun, le Congo, le Gabon et le Tchad ont intégré la Facilité élargie de crédit (FEC), alors la Centrafrique et la Guinée équatoriale sont en négociation pour être éligible à ce mécanisme de financement.  

Tout compte fait, la situation extérieure des pays de la CEMAC s’est légèrement redressée, matérialisée par le recul du déficit des transactions courantes, dons officiels inclus, à – 3,4 % du PIB (- 1 861,5 milliards FCFA) contre – 6,4 % en 2017 (3 238,7 milliards de FCFA°) précise le Banque centrale.

 « L’embellie ainsi enregistrée a résulté d’un excédent de la balance commerciale en hausse de 84,5 %, pour s’établir à 6 915,3 milliards de FCFA en 2018, en lien avec l’augmentation notable des exportations (+ 27,8 %), plus importante que celle des importations (+ 5,1 %) » précise le document.

Au-delà des fluctuations du marché, le solde global de la balance des paiements est ressorti excédentaire à 627,4 milliards de FCFA contre un déficit de 335,3 milliards de FCFA en 2017. Ce surplus a principalement contribué au renflouement des réserves de change d’un montant de 654,5 milliards de FCFA.

Cette évolution s’explique par la remontée des cours du pétrole brut, principal produit d’exportation de la sous-région, permettant aux comptes extérieurs de la CEMAC de tirer profit de l’amélioration des termes de l’échange.

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