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Interview avec Stéphane Moudouté-Bell, Directeur de Latitude Monde et Commissaire Général de l’African Business & Social Responsability Forum

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Quels sont les principaux objectifs que vous vous êtes fixés en organisant ce forum ?


Lancé en 2017 à Maurice par Latitude Monde, le Cabinet Conseil en RSE et Communication que je dirige, l’AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM se veut être une plateforme qui permet aux entreprises et organisations africaines de partager, dans une approche nécessaire d’amélioration continue, leurs expériences en matière de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE).

En effet, face aux multiples mutations que connaissent nos économies, la RSE devient incontournable pour les entreprises avec comme corollaires, de nombreuses opportunités pour un développement durable et inclusif, et l’amélioration de leur performance. Après Maurice 1 et 2, l’édition de Kigali conforte le bien-fondé de l’existence du Forum. En effet, en 3 éditions, l’AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM a accueilli plus de 80 entreprises issues de 20 pays.


Quelles sont vos attentes à l’issue de cette rencontre qui s’est tenue et s’est achevée cette année à Kigali, et pourquoi avoir fait le choix de cette ville pour abriter cette édition ?

Comme à l’issue de chaque édition du Forum, nous encourageons fortement les entreprises participantes à s’approprier les recommandations émises afin de les décliner de manière progressive dans leurs environnements respectifs. Les retours que nous avons depuis la première édition (en 2017) vont dans ce sens et font office de sources d’encouragement dans l’appropriation de la RSE par l’écosystème business africain. Par ailleurs, le choix de la ville de Kigali a découlé de la volonté de cartographier et de s’inspirer des marqueurs de RSE liés au dynamisme économique de ce pays.


Dans le thème de cette édition, vous avez mis l’accent sur l’éducation et l’emploi. Pourquoi ces deux leviers vous tiennent tant à cœur ?

La révolution numérique impose aujourd’hui de repenser les modèles éducatifs pour faire face aux multiples exigences inhérentes à ce changement de paradigme. Il est donc critique que l’Éducation en Afrique puisse se réinventer pour former des personnes capables de s’adapter aux mutations rapides que connaissent nos économies. Par ailleurs, l’un des défis majeurs de l’Afrique en ce 21ème siècle est de créer, chaque année, 29 millions d’emplois. Afin de relever ce défi dans toutes ses dimensions (démographique, économique et sociale), les entreprises doivent contribuer à la création de conditions garantissant des emplois de qualité, directs et indirects, qui stimulent l’économie. L’Education, Objectif de Développement Durable numéro 4, et l’Emploi, Objectif de Développement Durable numéro 8, étaient donc, à juste titre, au cœur de cette troisième édition de l’AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM.


Vous avez également insisté sur l’apport du secteur privé. Quelle est sa
part de responsabilité ?

Le secteur privé créé de emplois directs et indirects et possède une maîtrise fine du spectre des compétences attendues aujourd’hui et demain par le marché du travail. Son rôle est donc clé dans l’atteinte des Objectif de Développement Durable 4 et 8. Il faudrait donc accroître les espaces de collaboration entre le secteur privé et les systèmes éducatifs afin d’arrimer les formations dispensées (professionnelles ou classiques) aux besoins du monde du travail. Par ailleurs, au-delà des emplois directs créés par les entreprises, ces dernières peuvent contribuer à augmenter le nombre d’emplois indirects dans leurs chaînes de valeur grâce à des politiques de Contenu Local efficientes.

Votre mot de la fin?

L’appropriation de la RSE par les entreprises est un processus irréversible. Aujourd’hui, les parties prenantes des écosystèmes dans lesquels opèrent les entreprises ont des attentes élevées par rapport aux questions de développement durable. Le boycott de produits et services de certaines entreprises au Maroc est un exemple concret de cette nouvelle donne.

Il est aussi fondamental d’expliquer aux décideurs économiques que la RSE ne se résume pas uniquement qu’au Développement local. Elle englobe d’autres points centraux tels que la Gouvernance, les Relations et Conditions de travail, l’Environnement, la Loyauté des pratiques, les Droits de l’Homme, les Questions relatives aux Consommateurs. Conduire son business de manière responsable permet donc de pérenniser son activité; avoir accès plus facilement aux capitaux (publics ou privés) intégrant des critères ESG (Environnement, Social Gouvernance) dans les processus de sélection; anticiper et maîtriser des risques ; attirer et retenir des talents ; augmenter son capital sympathie.

Je profite de l’opportunité que vous m’offrez pour annoncer la Conférence-Débat « CSR & Leaders » qui aura lieu à Abidjan, le 20 juin 2019, sous le thème: « Rôle des Femmes Leaders dans la promotion des STEM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques) en Afrique» (contact@latitudemonde.com). Les Conférences-Débats « CSR & Leaders » sont un prolongement de l’AFRICAN BUSINESS & SOCIAL RESPONSIBILITY FORUM et ont pour objectif principal de faire « vivre » les recommandations de chaque Forum.

Nephthali Messanh Ledyhttps://www.financialafrik.com
Rédacteur en chef de Financial Afrik. Basé à Lomé, Nephthali Messanh Ledy est diplômé en Communication, en Marketing et en Commerce International. Passionné de l’actualité internationale, outre l'économie et les finances africaines. Il s’intéresse également aux réseaux sociaux et au football.

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