Le gouvernement togolais a entamé une étape dite charnière dans le processus devant permettre la transformation de ses structures de télécommunications. A terme, il est annoncé la création d’une holding composée de 3 différentes filiales, à naître des cendres de Togo Télécom, l’opérateur historique, et de sa filiale Togo Cellulaire, leader sur le marché de la téléphonie mobile.

L’initiative vise à « refonder le groupe dans le sens d’une haute exigence d’efficacité, afin de rattraper le retard accusé par le Togo en matière de connectivité et d’assurer un accès Internet de qualité sur l’ensemble du territoire », explique-t-on au ministère des postes et de l’économie numérique. Il en était temps.

Les performances du secteur des télécoms sont insuffisantes face à la demande croissante des consommateurs et des entreprises, lit-on dans la présentation du programme dont le chantier fut lancé en mars 2015, et qui informe que le taux de pénétration haut-débit au Togo est de 20,8% au 31 décembre 2016.

Par cette transformation, l’Etat souhaite une amélioration de la qualité des services, une extension de la couverture de l’Internet très haut-débit, et une « baisse significative des prix qui devront s’aligner sur les prix les plus bas du continent ». Elle n’affecte pas les services et opérations courantes des deux structures actuelles, rattachées en l’état à la nouvelle structure.

 

Organisation

Il s’agira d’une société dénommée Holding Togolaise des Communications Electroniques, provisoirement abrégée Togocom, dotée d’un capital social d’un milliard de F CFA (environ 1,75 millions de dollars) et qui contrôle les résultats des filiales qu’elle détient à 100% – chacune des filiales est dotée d’un capital de 500 millions de F CFA.

Pour les investissements, le gouvernement met en place une première filiale « Infrastructure Fixe/Mobile », en charge également de la construction et de l’exploitation des infrastructures fixes et mobiles pour les besoins de la société mère et « des tiers dans une optique de non-discrimination et de maximisation des ventes en gros ».

La seconde, temporairement dénommée « Togo ServiceCom », devra proposer « des offres convergentes et innovantes (voix et Internet, fixe et mobile) aux clients particuliers et aux entreprises ». Le tout coiffé par une troisième filiale « Installation et support à la maintenance », regroupant les équipes d’installation, de réparation et de maintenance des installations et terminaux chez les clients.

 

Conflit et menaces

Les équipes imputent la nouvelle organisation, entre autres, aux conflits de territoire que connaissent Togo Telecom et sa filiale, source d’une insatisfaction de la clientèle. « Les investissements sont sans cohérence, dispersés, souvent redondants et parfois inutiles », révèle la présentation qui évoque « d’autres dysfonctionnements de gestion », sans les citer.

Par ailleurs, le ministère cite également un « nouveau danger qui guette désormais le groupe ». En effet, explique-t-il, le modèle économique du mobile, basé sur la vente de minutes de communication et de SMS, est en déclin avec l’avènement des nouveaux acteurs comme Skype ou WhatsApp.

Et d’opter pour un renouvellement en profondeur des modalités de coopération des deux entités, et dans l’utilisation conjuguée de leurs actifs.

 


Par Nephthali Messanh Ledy

Ce contenu pourrait également vous intéresser