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Les entreprises togolaises prévoient pour 2015 et 2016, une hausse de leur valeur ajoutée respectivement à 5,6%, et 4,7 %, dans un contexte marqué par une situation financière morose et un faible niveau d’investissement.

Cependant, ces entreprises restent fort optimistes quant à l’évolution de leurs activités pour cette année 2015 et la prochaine. En effet, selon un Rapport – enquête de prévision macroéconomique Edition 2015 – publié ce mercredi par le Ministère de l’économie, des finances et de la planification du développement, on note une amélioration globale du niveau d’activité avec une hausse de la production prévue de 10,2% en 2015.

La valeur ajoutée courante des biens et services marchands des secteurs secondaires et tertiaire s’élève à 1.014,826 milliards de FCFA, tandis que les prévisions pour 2015 donnent un taux de croissance moyenne de 5,6% et s’établit à 1.097,397 milliards.

En 2016, les chefs d’entreprises prévoient un taux de croissance de la valeur ajoutée de 4,7%, pour s’établir à un peu plus de mille milliards. « Les entreprises jouent un rôle incontournable dans l’économie nationale. Elles produisent des biens et services marchands qui sont utilisés par l’économie, créent des emplois et paient des impôts, permettant au gouvernement de financer l’action publique. C’est pourquoi, chaque année, nous avons un intérêt particulier à les écouter », explique l’économiste Anumu Edem Ketoglo, chef de division prévisions au ministère des finances.

Situation financière des entreprises

Du 1er au 2em trimestre 2015, on observe une progression de la proportion des entreprises, dont la situation financière est jugée mauvaise (passant de 35% à 41%), alors que la proportion des établissements dont la situation financière est jugée très bonne a baissée, passant de 3,5% à 2,8%.

« L’évolution de la situation financière est restée plus favorable aux grandes entreprises, dont 72,5 % ont une situation au moins favorable », commente le secrétaire général du Ministère de l’économie, des finances et de la planification du développement. « Bien que la majorité des petites entreprises continue à faire face à des difficultés financières, on note toutefois une amélioration en 2015 ».

En effet, la situation financière est jugée au moins satisfaisante pour 36,4% des petites entreprises au premier semestre 2015 contre 27,4% au second. Les prévisions faites pour le dernier semestre de cette année, montrent également une amélioration de la situation financière de ces entreprises dont 45,5% espèrent des situations financières au moins satisfaisantes.

Faible niveau d’investissement

En termes d’investissements, les résultats de l’enquête confirment les prévisions faites par les entreprises, qui créditaient la proportion du financement d’investissement en 2014 sur fonds propres à plus de 50%.

En outre, malgré la performance enregistrée au niveau des institutions financières ces dernières années, l’accroissement de l’encours des crédits de banques de 11%, en glissement annuel au premier trimestre 2015, conjuguée à l’enregistrement sur le marché de deux nouvelles institutions bancaires – Coris Bank et Société Générale-, les chefs d’entreprises ont prévu de financer en 2015, une part importante de leurs dépenses d’investissement sur fonds propres (67,6%).

Selon le rapport, cette anticipation se fonde sur l’expérience des réalisations passées, en l’occurrence, le financement de l’investissement en 2014 d’une part et sur la spécificité des banques togolaises, qui accordent traditionnellement aux entreprises plus des crédits de trésorerie que des crédits d’investissement.

En effet, le rapport sur le financement de l’économie togolaise par les banques et le marché des capitaux de la BCEAO en 2012, a montré que sur la période 2006-2010, en moyenne 58,8% des crédits bancaires étaient destinés aux financements de trésorerie contre 12,3% pour les dépenses d’équipement des entreprises.

Ce qui confirme, en partie, le faible taux de participation des banques aux dépenses d’investissement, bien qu’elles aient enregistré une importance performance ces dernières années en termes de croissance de la valeur ajoutée.

« Par conséquent, il s’avère impératif de déceler les freins au financement de l’investissement du secteur privé par les banques, en vue d’apporter des approches de solutions adéquates pour assurer une croissance soutenue », conclue le Rapport.

Par Nephthali Messanh Ledy