L’Union ouest-africaine confirme sa vitalité économique. Au deuxième trimestre 2026, le PIB réel de l’UEMOA a progressé de 6,0 % en glissement annuel, après 6,1 % au trimestre précédent, d’après les données du dernier Rapport de politique monétaire publié par la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Le Niger s’adjuge la pole position à 7,0 %, porté par ses ressources extractives, tandis que la Guinée-Bissau ferme la marche à 4,9 %.
Cette dynamique régionale, qui conforte la prévision annuelle de la BCEAO, repose d’abord sur les activités extractives — pétrole, or et uranium — dans plusieurs États membres. Le Niger doit ainsi son statut de champion à la production de pétrole et d’uranium. La Côte d’Ivoire cumule, elle, les atouts : pétrole, or et raffinage, complétés par un commerce de détail dynamique. Le Sénégal profite de l’essor de son industrie hydrocarbure, tandis que le Burkina Faso et le Mali s’appuient sur l’extraction aurifère.
Le secteur tertiaire tire également l’Union : l’indice du chiffre d’affaires dans le commerce a progressé de 4,4 %, porté par les ventes de matériels roulants et de pièces détachées automobiles au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger, au Togo et au Sénégal. Le Togo, lui, mise sur le commerce de matériaux de construction.
Disparité
Le secteur primaire, pour sa part, a contribué à hauteur de 1,0 point, grâce à la bonne orientation des cultures vivrières, de l’élevage et de la pêche, d’après le rapport.
À 4,9 %, la Guinée-Bissau est le seul pays de l’Union sous la barre des 5 % au deuxième trimestre, après 5,1 % au trimestre précédent. Le rapport cite pour sa part la hausse des récoltes de noix de cajou (+11,0 %) et l’accroissement de l’offre de services (transport, restauration, hébergement), sans en détailler la contribution à la croissance. L’écart avec le Niger, en tête à 7,0 %, atteint ainsi plus de deux points, une différence qui illustre la disparité des trajectoires au sein de l’Union, entre économies dopées aux matières premières et économies plus modestement dynamiques.
Pour l’année 2026, la BCEAO anticipe une croissance de l’Union de 6,1 %, puis de 6,2 % en 2027, après 6,5 % en 2025. Le Bénin affiche la prévision la plus haute (7,2 %), devant le Niger (6,8 %) et la Côte d’Ivoire (6,2 %). À l’autre extrémité, le Sénégal (4,8 %) et la Guinée-Bissau (5,0 %) restent en deçà de la moyenne union.
Inflation maitrisée
En ce qui la concerne, l’inflation reste globalement maîtrisée dans l’Union : 0,4 % en glissement annuel au deuxième trimestre. Cinq pays affichent des hausses de prix modestes — Côte d’Ivoire (+1,6 %), Mali (+1,4 %), Sénégal (+1,0 %), Burkina (+0,5 %), Togo (+0,4 %) — tandis que trois enregistrent une baisse du niveau général des prix : Bénin (−0,6 %), Guinée-Bissau (−1,4 %) et surtout Niger (−5,1 %).
En rappel, le Comité de politique monétaire, réuni le 9 septembre 2026, a décidé de maintenir inchangés les taux directeurs : taux minimum de soumission aux appels d’offres à 3,00 %, guichet de prêt marginal à 5,00 % — des niveaux en vigueur depuis le 16 mars 2026 — et coefficient des réserves obligatoires maintenu à 3,00 %. Un statu quo jugé favorable au financement de l’économie, dans un contexte de quasi-stabilité des prix.
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