Selon la note de conjoncture mensuelle de la dette publique rendue publique par la Caisse autonome d’amortissement (CAA) le 27 juillet 2026, à fin juin 2026, sur les 845,2 milliards de FCFA (près d’1,5 milliard USD) représentant l’encours des prêts extérieurs contractés par l’État puis rétrocédés à onze entreprises et établissements publics, 672,3 milliards de FCFA (environ 1,16 milliard USD), soit près de 80% de l’enveloppe globale, sont détenus par la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), la Cameroon Water Utilities Corporation (CAMWATER), la Société nationale de transport de l’électricité (SONATREL) et Electricity Development Corporation (EDC). Ce volume finance 43 projets, concentrés dans les télécommunications, l’eau, l’électricité, le logement et l’agro-industrie.
Cet encours est en net recul de 3,7% en glissement annuel et de 2,9% par rapport à fin mai 2026, mais en augmentation de 20,2 milliards de FCFA, soit 2,4%, comparé aux 825 milliards de FCFA (environ 1,4 milliard USD) enregistrés fin mars 2026. Ces variations en apparence contradictoires tiennent à la nature même du mécanisme. En effet, l’évolution d’un encours résulte simultanément des amortissements versés, des nouveaux décaissements et des fluctuations de change sur des prêts libellés en dollars, en euros, en yuans ou en droits de tirage spéciaux.
Dans le détail, CAMTEL porte à elle seule 230,4 milliards de FCFA (environ 398,03 millions USD) de cette dette, soit 27,3% du total. Ces fonds sont principalement liés au déploiement du réseau national à haut débit et à l’extension du backbone. CAMWATER suit avec 194,9 milliards de FCFA (près de 337 millions USD) consacrés à l’adduction d’eau potable et à la réhabilitation des réseaux urbains, soit 23,1% de l’encours global rétrocédé.
La SONATREL arrive en troisième position avec 134,9 milliards de FCFA (environ 233,05 millions USD) pour la remise à niveau du réseau de transport électrique, suivie par EDC, à 112,1 milliards de FCFA (environ 194 millions USD), notamment pour le barrage de Lom Pangar et les programmes hydroélectriques sur la Sanaga. Les encours de la Sodecoton, de CAMPOST et de la Société immobilière du Cameroun restent nettement plus modestes, entre 16,8 et 27,4 milliards de FCFA chacun.
Pour rappel, ce passif reste juridiquement distinct de la dette que ces entreprises contractent directement auprès de banques ou de fournisseurs. En effet, dans la nomenclature de la CAA, les 845,2 milliards de FCFA demeurent comptabilisés dans la dette extérieure de l’administration centrale, l’État restant l’emprunteur formel vis-à-vis des bailleurs.
Rapporté aux engagements cumulés des 43 projets, qui atteignent 1.574 milliards de FCFA (environ 2,7 milliards USD), l’encours actuel en représente 53,7%. Ce ratio ne mesure toutefois pas exactement la part restant à rembourser, certains financements engagés n’ayant pas encore été intégralement décaissés. La persistance de conventions signées dès 2007 pour CAMTEL et CAMWATER traduit par ailleurs la longue maturité de ces financements d’infrastructure.

