Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) sur les échanges entre le Cameroun, de 2022-2025, les Émirats arabes unis (EAU) ont transféré 27,9 milliards de FCFA (environ 49,7 millions USD) vers le Cameroun. Ce qui représente 63,8% du total cumulé de 43,7 milliards de FCFA (près de 80 millions USD) en 4 ans. Au cours de cette période, les EAU dominent les flux financiers du Golfe à destination du Cameroun.
Ce pays est suivi par l’Arabie saoudite qui, avec 5,9 milliards de FCFA (environ 10,5 millions USD), soit 13,5% de l’enveloppe globale. Le Koweït (9,2%) et le Qatar (8,5%) occupent respectivement les troisième et quatrième place de classement dont Oman (2,7%) et Bahreïn (2,3%) occupent les derniers rangs.
Toujours selon les données de l’INS, pour la seule année 2025, les transferts de fonds en provenance de l’Iran et des pays du Golfe vers le Cameroun se situent à 11,8 milliards de FCFA (environ 21 millions USD). Ce montant est le second le plus élevé depuis quatre ans, notamment depuis 2022 lorsque ces flux financiers avaient culminé à 13,2 milliards de FCFA (environ 23,5 millions USD). Ce, après deux baisses consécutives en 2023, avec 10,4 milliards de FCFA (près de 19 millions USD), puis en 2024, année au cours de laquelle ces flux financiers ont atteint leur plus bas niveau avec 8,3 milliards de FCFA (près de 15 millions USD).
Malgré cette augmentation, l’INS signale que « les flux en provenance des pays du Golfe ne représentent qu’environ 1,8 % du total enregistré en 2025. Ils demeurent marginaux dans l’ensemble des ressources transférées par les Camerounais de l’étranger ».
Pour rappel, selon le directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire du ministère des Finances, Moh Sylvester Tangongho, « en 2025, les transferts de la diaspora vers le Cameroun ont atteint environ 650 milliards de FCFA (environ 1,2 milliard USD), pour une moyenne annuelle de 450 milliards de FCFA (environ 803 millions USD) au cours des cinq dernières années ».
Seulement, les autorités financières camerounaises notent que les transferts de fonds effectués par la diaspora ne servent qu’à couvrir les besoins courants des ménages, notamment les dépenses de santé, d’éducation et de soutien familial. En conséquence, indique Moh Sylvester Tangongho, il est question de faire en sorte que ces fonds cessent d’être essentiellement des instruments sociaux pour financer le développement. « Notre réflexion consiste à canaliser une partie de ces ressources vers des instruments dédiés, comme les Diaspora Bonds. Des pays africains comme le Sénégal ou l’Éthiopie ont démontré qu’il existe une forte disposition des ressortissants à investir dans leur pays d’origine, à condition que les mécanismes soient clairs, transparents et attractifs », soutient Moh Sylvester Tangongho.

