En conférence de presse à Dakar ce jeudi 26 mars à Dakar, le ministre des Finances et du Budget du Sénégal, Cheikh Diba, s’est insurgé contre les récentes informations du Financial Times évoquant une dette non divulguée de 650 millions d’euros. Ces informations ne reflètent pas la réalité, assure-t-il.
Le ministre a expliqué que les swaps de rendement total (TRS) font partie du plan de financement 2025, approuvé par l’Assemblée nationale via la loi de finances et sa rectificative. Ces opérations ont permis de mobiliser 721 milliards de FCFA (1,10 milliard d’euros) sur le marché régional à un taux moyen de 7 %, bien inférieur aux 11-12 % que coûteraient des euro-obligations sur le marché international. « Il n’existe aucune dette cachée ni passif non divulgué », a affirmé Cheikh Diba.
Il a précisé que les TRS sont entièrement légaux et sécurisés : aucun bien de l’État n’a été mis en garantie, et les investisseurs ne bénéficient d’aucun traitement préférentiel. Les fonds apportés par les investisseurs sont convertis en francs CFA pour financer l’économie locale, puis reconvertis en devises lors du remboursement, avec une couverture contre le risque de change assurée par la BCEAO.
Ces instruments visent également à renforcer la liquidité du marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) et à faciliter l’accès des États membres aux financements. Les fonds mobilisés sont utilisés pour soutenir des projets prioritaires, notamment dans le secteur de l’énergie solaire, tout en finançant le budget de l’État.
Enfin, le ministre a rappelé que toutes les informations sur les TRS ont été communiquées à l’Assemblée nationale le 29 novembre 2025, intégrées au rapport économique et financier annexé à la loi de finances pour 2026, et partagées avec les partenaires financiers. « Ces instruments sont des outils techniques pour optimiser l’accès aux ressources, et non des mécanismes occultes », a conclu Cheikh Diba.
En guise de rappel, dans un article publié lundi 23 mars, le journal britannique faisait état d’une dette de 650 millions d’euros n’aurait pas été divulguée par le Sénégal, alimentant des inquiétudes sur la transparence des finances publiques et la gestion des instruments financiers.

