Le président Kaïs Saïed et sa ministre Sihem Boughdiri des Finances prévoient un endettement de près de 20 milliards de dinars (5,7 milliards d’euros) pour couvrir les dépenses et les besoins de la trésorerie en 2022. DR

L’encours de la dette publique de la Tunisie a plus que quadruplé depuis 2010 pour dépasser 107,844 milliards de dinars en 2021 (environ 33 milliards d’euros), selon les données de la Banque centrale (BCT). Ce chiffre représente 85,6% du PIB, alors que le ratio s’est établi à 38,8% en 2010.

« La tendance haussière du service de la dette de l’Etat devrait se poursuivre au cours des années à venir à cause de la forte accumulation des emprunts durant la dernière décennie », indique l’institut d’émission dans une récente note sur les évolutions économiques.

Selon la Banque centrale de Tunisie, les paiements au titre du service de la dette publique seraient en hausse sensible pour dépasser 14,911 milliards de dinars (ou 11,9% du PIB) à fin 2021, après 11,130 milliards de dinars (ou 9,4% du PIB) un an auparavant. Ajoutant que l’ajustement du déséquilibre budgétaire et la réduction du « recours intensif » à l’endettement dépendraient principalement de la capacité de l’Etat à maîtriser l’évolution des dépenses rigides, notamment la masse salariale.

5,7 milliards d’euros d’endettement prévu en 2022

Estimé à 57,2 milliards de dinars (environ 17,6 milliards d’euros), le budget de l’année 2022 prévoit un endettement de près de 20 milliards de dinars (5,7 milliards d’euros) pour couvrir les dépenses et les besoins de la trésorerie, selon la ministre des Finances, Sihem Boughdiri (sur la photo de couverture avec le président Kaïs Saïed), qui en donnait les détails le 28 décembre dernier. Ainsi, le niveau de la dette publique atteindra 82,6% du PIB au soir de l’année.

En rappel, la Tunisie pays traverse une crise économique caractérisée par une croissance en berne depuis dix ans, et une forte inflation estimée à 6% par an. Une situation aggravée par la pandémie qui a mis le pays à l’arrêt et l’a privé de ses recettes touristiques.

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