Bassin du lac Tchad: Boko Haram et l’Etat islamique sèment la terreur

0
En images des victimes des attaques terroristes de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest.

Le projet de création d’un califat dans la région du lac Tchad dont a tant rêvé Abubakar Shekau l’ex gourou de la secte terroriste Boko Haram dont ses partisans ont confirmé la mort le 21 mai 2021 ne se réalisera certainement pas. Toutefois, force est de constater que ces dernières semaines, les terroristes ont multiplié des attaques aussi bien au Cameroun, au Niger, au Nigeria et au Tchad, quatre pays qui constituent la ligne de front. Entre prises d’otages, incursions armées, actes de pillages et attaques suicides, les terroristes ont semé la mort et la désolation, et gagné du terrain malgré la rivalité entre le Boko Haram originel et l’Iswap l’autre groupuscule terroriste ayant fait allégeance à l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO).

Le nouveau chef de Boko Haram Bakura Modu alias Sahalala dont le quartier général se trouve toujours dans la forêt de Sambisa au Nigeria, a promis de poursuivre l’œuvre funeste de son défunt prédécesseur en multipliant des atrocités dans l’espoir de renforcer la capacité de nuisance de son mouvement. Les dernières attaques meurtrières en pleine réorganisation de la direction de Boko Haram démontrent que ces terroristes sont loin de baisser la garde. Au contraire, ils se sont montrés très menaçants avec plus de 200 morts occasionnées en l’espace de deux mois. Entretemps, la branche dissidente dirigée par Abou Mosab al-Barnaoui qui campe avec près de 10000 hommes dans la zone du Lac Tchad toujours en territoire nigérian, n’a eu de cesse d’accroître sa capacité de nuisance en s’appuyant surtout sur un armement sophistiqué obtenu auprès de son tutélaire Etat islamique.

D’après des sources sécuritaires, l’on évoque de plus en plus la réorganisation de la Force multinationale mixte (FMM) constituée des armées des quatre pays évoqués en sus dont les commandements centraux basés notamment à Ndjamena au Tchad et à Mora au Cameroun pourraient enregistrer des changements notables. Par ailleurs, l’accent devrait être mis également sur le renseignement prévisionnel avec une grande implication des populations riveraines. Pour l’heure, difficile de situer la date du sommet des chefs d’Etat de la région consacré à la lutte contre le terrorisme, alors que tout laissait croire  que celui-ci aurait pu se tenir au mois de mai à Yaoundé n’eut été le décès survenu le 20 avril 2021 du président tchadien Idriss Déby Itno dont l’engagement dans la guerre contre le terrorisme était connu. Les échanges d’émissaires ces dernières semaines entre les présidents Paul Biya du Cameroun et Muhammedu Buhari du Nigeria ne permettent pas pour l’instant de se déterminer sur ce sommet attendu.

L’aide promise par la communauté internationale, notamment par  l’Union européenne et les Etats-Unis ne semble pas suivre, laissant les Etats de la ligne de front à mobiliser quasiment seuls les modestes moyens qu’ils disposent pour faire face aux terroristes. Tenant compte du fait que la saison pluvieuse constitue généralement une période avantageuse pour les terroristes qui campent sur les îles du Lac Tchad dont l’accès est rendu difficile avec la montée des eaux, les riverains s’attendent au pire. Une situation d’une gravité certaine qui nécessite de revoir au plus vite le dispositif sécuritaire pour couper l’herbe sous le pied des terroristes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here