Tchad : comment Idriss Ahmed Idriss a été nommé directeur national de la BEAC

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Idriss Ahmed Idriss

La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a procédé à la nomination d’un nouveau directeur national pour le Tchad le 1er juillet 2021 au terme du conseil d’administration de l’Institution d’émission monétaire de la sous-région tenu dans ses services centraux à Yaoundé.

Une décision qui confirme le choix opéré par les autorités tchadiennes, notamment le Conseil national de transition (CNT) dont l’une des premières décisions après son arrivée au pouvoir en avril dernier fut le limogeage du directeur national de la BEAC Annour Mahamat Hassan à qui « les plus hautes autorités tchadiennes ont décidé de retirer la confiance ».

D’après nos informations, la nomination de cet ancien ministre des Finances à la direction nationale a été actée au dernier moment, puisqu’il n’était pas le favori au poste contrairement à « un cadre maison de la BEAC qui avait la faveur des pronostics ».

Les autorités tchadiennes ont finalement opté pour un « dirigeant expérimenté ayant une bonne connaissance des rouages de la finance », ce qui a amené le gouvernement à travers le ministre des Finances et du Budget, Tahir Hamid Nguilin, par ailleurs ancien vice-gouverneur de la BEAC à proposer la candidature d’Idriss Ahmed Idriss, ce que le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli s’est empressé de présenter au conseil des ministres.

Au-delà du fait que le nouveau directeur national de la BEAC jouit d’une bonne expérience pour lesdites fonctions, sa nomination susurre-t-on à Ndjamena a été un choix éminemment politique avec en toile de fonds des rivalités tchado-tchadiennes pour la prochaine élection présidentielle.

L’ex directeur national de la BDEAC au Tchad, Annour Mahamat Hassan, limogé en avril dernier, n’est que le frère de Moussa Faki, l’actuel président de la commission de l’Union Africaine (UA) dont les autorités tchadiennes soupçonnent de nourrir des ambitions présidentielles. Ce qui ne semble pas faire les affaires du CNT dont le président Mahamat Idriss Déby pourrait finalement être le porte étendard du Mouvement patriotique du salut (MPS, au pouvoir) lors de la prochaine élection présidentielle, parti dans lequel a toujours milité Moussa Faki.

Selon des sources, la durée de la transition fixée à dix-huit mois ainsi que l’inéligibilité des membres du CNT comme le prévoit la charte de transition font l’objet de questionnement. Non seulement la durée de la transition serait courte, laissent filtrer les autorités de transition, mais l’ambiguïté des propos de Mahamat Idriss Déby sur ses ambitions présidentielles lors de sa visite la semaine dernière en France aux termes d’un entretien avec le président Emmanuel Macron laissent dubitatif.

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