Par Khalid Cherkaoui Semmouni, Professeur à la Faculté de droit à Rabat et à l’ISIC


On se demande pourquoi l’Espagne a préféré sacrifier ses relations avec le Maroc en matière de coopération bilatérale, à travers des transactions secrètes avec les ennemis du Maroc. Ces manoeuvres se manifestent plus particulièrement dans l’accueil sur les terres espagnoles du chef du «Polisario», le dénommé Brahim Ghali, sous une fausse identité et un passeport falsifié, alors qu’il est sensé être présenté devant la justice espagnole pour répondre aux requêtes au sujet des violations graves des droits de l’homme qu’il a commises contres des citoyens.

Aussi, la décision des autorités espagnoles de ne pas aviser leurs homologues marocaines de la venue du chef du « polisario », est un acte grave et contraire au bon voisinage et à l’esprit de partenariat stratégique des relations unissant l’Espagne au Maroc, au moment ou les deux pays voisins sont en train de développer davantage leurs relations de coopération. D’autant plus , elle n’est pas une simple omission. Il s’agit d’un acte prémédité, d’un choix volontaire et d’une décision souveraine de l’Espagne. Sans doute, ces manœuvres espagnoles vont impacter la coopération sécuritaire entre le Royaume du Maroc et l’Espagne en matière de lutte contre le terrorisme et la lutte contre l’émigration clandestine.

L’intervention des services de renseignement marocains a permis à l’Espagne d’éviter plusieurs attentats terroristes et le démantèlement des cellules terroristes opérant dans l’Espagne. Suite à ce démantèlement, l’Espagne a mis en exergue l’excellente coopération entre ses services de sécurité et leurs homologues marocains. En effet, cette coopération remonte aux années 2003 et 2004, quand l’Espagne était ciblée par des attentats terroristes du groupe «AlQaida ». A travers cette coopération sécuritaire et le renseignement avec l’Espagne, le Maroc a imposé son modèle de gestion des risques et de lutte contre le terrorisme. C’est dans ce cadre que l’Espagne a rendu hommage au patron du pôle sécuritaire DGSN-DGST, Abdellatif Hammouchi, en lui attribuant la Grande croix de l’Ordre du mérite de la Garde civile espagnole. Sans oublier aussi que le coordinateur de la lutte contre le terrorisme à l’Union européenne (UE), Mr Gilles de Kerchove, avait souligné les compétences du Maroc dans la lutte contre le terrorisme.

De plus, l’Espagne est parmi les pays d’Europe reconnaissant les efforts fournis par le Royaume du Maroc en matière de gestion globale du phénomène migratoire. Il est vrai que le Maroc constitue un maillon fort de la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme et un partenaire de premier plan pour l’Europe en général et pour l’Espagne en particulier. A savoir que les différents services de renseignement marocains travaillent de manière très étroite avec la France, l’Espagne et le Portugal dans le cadre d’un G4 sécurité. D’autre part, le Maroc a toujours refusé de soutenir les séparatistes catalans qui s’apprêtaient à proclamer un état indépendant dans la région nord-est en Catalogne, alors que l’Espagne porte atteinte à son intégrité territoriale en accueillant secrètement sur les terres espagnoles le chef du «Polisario» sous une fausse identité . En conséquence, une question se pose : l’Espagne pourrait-elle perdre un partenaire fiable et crédible comme le Maroc ? Les faits sont têtus. Malgré les atermoiements et la désinformation, le rôle important que joue le Maroc, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, dans de la stabilité et de la sécurité du pourtour méditerranéen, reste déterminant.

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