Les chefs d'Etat de la CEMAC convoquent un sommet pour faire face à la dégradation de la situation économique en contexte de Covid-19.

Les pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) sont confrontés à une conjoncture difficile dont des causes endogènes et exogènes constituent un obstacle à l’intégration sous-régionale.

L’Afrique centrale est considérée comme la zone la moins intégrée du continent avec un taux d’échanges commerciaux se situant à moins de 3% contre une moyenne continentale de 17%. Dans cette partie de l’Afrique, la libre circulation des personnes et des biens est confrontée aux divers obstacles, dont la plupart proviennent des atermoiements politiques des dirigeants adoubés par certaines communautés aux allures introverties.

La célébration de la 12è Journée de la CEMAC le 16 mars 2021 dont la problématique générale « Préserver et promouvoir les acquis de l’intégration sous-régionale face aux défis sécuritaires et sanitaires » a une fois de plus permis de l’expérimenter. Un thème d’actualité d’une « pertinence indéniable » selon le chef de l’Etat camerounais Paul Biya, par ailleurs président en exercice de la CEMAC qui interpelle la sous-région au regard de nombreuses menaces qui pèsent sur l’intégration des Etats.

« Au plan sécuritaire, l’instabilité en République Centrafricaine entraine des perturbations graves dans les échanges entre nos pays. Toujours au plan sécuritaire, grâce aux efforts conjugués des forces de défense de nos Etats, les actions terroristes de Boko Haram dans la zone du Lac Tchad sont largement maitrisées. De même, la crise socio-politique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun trouve des réponses appropriées qui augurent un retour progressif à la paix et à la cohésion sociale », a-t-il précisé.

Face à la crise sanitaire liée au coronavirus, la stratégie de riposte à la pandémie doit se poursuivre résolument d’autant que la résurgence du Covid-19 nécessite plus de vigilance, de prudence, ainsi qu’une plus grande mobilisation. Invitant au respect scrupuleux des mesures barrières, « la vaccination constitue indéniablement le moyen le plus efficace pour atteindre l’immunité collective et freiner définitivement la propagation de la pandémie. Il me semble de ce point de vue indispensable que nos Etats tirent le meilleur profit du dispositif Covac pour assurer la vaccination du plus grand nombre de populations ».

Malgré ces  nombreux défis, l’avenir, qui se dessine autour de la rationalisation des Communautés Economiques Régionales de l’Afrique Centrale et autour d’un vaste marché est prometteur pour réaliser l’intégration sous-régionale. Ce qui nécessite entre autres, l’édification progressive d’un marché commun à travers l’harmonisation en cours des textes sectoriels des Etats membres, la définition des politiques communes dans divers secteurs de l’économie, la promotion du commerce, de l’industrie, de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche,   la coopération universitaire et la libre circulation des personnes et des biens.

Dans ce contexte, la mise en œuvre du Programme des Réformes Economiques et Financières de la CEMAC (PREF-CEMAC), a permis le rétablissement des fondamentaux macroéconomiques permettant de mettre en bonne voie, le financement des projets intégrateurs. Pas moins de 2812 milliards de FCFA soit un peu plus de 5 milliards de dollars sont nécessaires pour leur financement. Il y a quelques mois, la CEMAC a levé plus de 4 milliards de dollars pour ledit programme. Des actions qui œuvrent davantage pour faire de la CEMAC, en 2035, « un espace économique intégré et émergent, où règnent la sécurité, la solidarité et la bonne gouvernance, au service du développement humain », a indiqué Paul Biya.

Tenant compte du contexte international, les pays de la CEMAC sont frappés par une conjoncture difficile, car d’après la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le taux de croissance en 2020 devrait se situer à moins 5,9%, cette récession ayant un impact sur l’inflation estimée à 2,5%, contre 1,9% en 2019.

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