Bolloré reconnaît avoir payé des dépenses de communication de Faure Gnassingbé

0
Vincent Bolloré et Faure Gnassingbé ici en avril 2014 à Lomé

Poursuivi par le parquet national financier du Tribunal judiciaire de Paris dans une affaire de corruption, Vincent Bolloré a reconnu les faits pour la première fois et a plaidé coupable ce 26 février 2021. Les juges d’instruction ont en effet établi que l’industriel français et son groupe ont payé 370 000 euros de dépenses de communication au président togolais Faure Gnassingbé afin d’obtenir des contrats et avantages fiscaux sur le port de Lomé, comme le révèlent des médias français.

Plaidant ainsi coupable, Vincent Bolloré, le groupe Bolloré SE et deux autres cadres, Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent, souhaitent ainsi s’éviter un procès. Sauf que le tribunal judiciaire de Paris en a décidé autrement, et a rejeté les peines demandées par le Parquet national financier à l’encontre de Vincent Bolloré. Ainsi, un procès est demandé, considérant que les faits reprochés avaient gravement porté atteinte à l’ordre public économique et à la souveraineté du Togo.

D’après les médias français, Vincent Bolloré avait accepté de payer une amende de 375 000 euros, en contrepartie de quoi cette condamnation n’aurait pas été inscrite à son casier judiciaire. Il en avait été de même pour Gilles Alix et Jean-Philippe Dorent, dont les peines n’ont pas non plus été homologuées. En revanche, précise-t-on, la société Bolloré SE devra bien pour sa part payer une amende calculée sur le montant putatif des bénéfices que le groupe retirera de la concession portuaire de Lomé sur les 35 années où il la détient.

« L’information judiciaire avait porté sur des faits de corruption d’agent public étranger, d’abus de confiance et de complicité d’abus de confiance commis entre 2009 et 2011 », indique un communiqué de presse du procureur de la République financier de la cour d’appel de Paris.

En rappel, le groupe Bolloré remportait la concession du terminal à conteneurs du port de Lomé en 2010, année de la réélection de Faure Gnassingbé qui dirige le pays depuis le décès de son père en 2005. La décision avait été contestée par la société espagnole Progosa de Jacques Dupuydauby.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here