En République démocratique du Congo, 281 députés nationaux sur 483 votants pour un bulletin nul et une abstention, ont déchu la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, visée par une pétition, malgré la majorité tant vantée par le Front commun pour le Congo (FCC) dont elle est membre. C’était au cours d’une plénière dirigée par un bureau d’âge (provisoire) présidé par le doyen Christophe Mboso le 10 décembre 2020 au Palais du peuple à Kinshasa.

Elle était accusée par les pétitionnaires d’opacité dans la gestion des finances, de mépris à l’égard de la plénière qui est l’organe suprême de l’Assemblée nationale, et de violations répétées de la Constitution et du Règlement intérieur.

Six pétitions avaient été lancées individuellement contre les membres du bureau de l’Assemblée. Excepté le questeur adjoint, victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) et hospitalisé, la présidente, le deuxième vice-président, le rapporteur, le rapporteur adjoint et le questeur ont eu droit à la présentation de leurs moyens de défense. Peu avant le vote, ils se sont défendus sur les accusations, rejetant en bloc tous les griefs portés contre eux.

En rappel, le pays traverse une crise institutionnelle orchestrée au sommet de l’Etat. Le 6 décembre, le président Felix Tshisekedi avait annoncé la rupture de l’alliance au pouvoir – constituée par son Cap pour le changement et le FCC de Joseph Kabila – depuis bientôt deux ans. Et la destitution de la présidente de l’Assemblée, une kabiliste, constitue pour lui une victoire de taille dans ce bras de fer qui l’oppose à son prédécesseur.

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