Afrique-France : les raisons de la célébration des 60 ans des indépendances des pays francophones

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Emmanuel Macron et Denis Sassou Nguesso aborderont le dossier du Bassin du Congo et son versant pétrolier ainsi que du cas Libyen.

Le Congo accueille une conférence pour célébrer les indépendances des pays francophones et la participation de ces derniers à la libération de la France lors de la seconde guerre mondiale. Faut-il y voir une démarche forte des Africains pouvant déboucher sur le démantèlement de la Françafrique ? 

Par Achille Mbog Pibasso

La France et ses ex colonies d’Afrique et les pays alors sous administration française vont prendre part à la conférence internationale le 24 octobre 2020 à Brazzaville, au Congo. Officiellement, il s’agit de célébrer un double événement, les 60 ans des indépendances des pays africains francophones d’une part, et les 80 ans de la participation des troupes africaines à la libération de la France en 1940 d’autre part. 

Le colloque de Brazzaville devrait drainer un important parterre de personnalités dans l’ancienne capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF), notamment le Président français Emmanuel Macron ainsi que la plupart des chefs d’Etat des pays francophones, notamment ceux d’Afrique Centrale et de l’Ouest.

Pour donner toutes les chances de réussite à cet événement, le Président congolais Dénis Sassou Nguesso déploie depuis quelque temps des émissaires à travers le continent, l’objectif étant d’obtenir la participation de ses pairs à cette rencontre où au-delà des relations franco-africaines, se jouent les relations entre l’Afrique et le reste du monde. 

Dans cette optique, le Chef de l’Etat camerounais Paul Biya a reçu en audience le 12 septembre dernier, l’envoyé spécial congolais, le Ministre des Affaires étrangères Jean-Claude Gakosso. Pour le diplomate congolais, la présence du « patriarche, la mémoire de notre sous-région » est attendue à Brazzaville pour délivrer le message d’espoir de l’Afro- positivisme.

Cette conférence internationale,indique-t-on,,permettra de rappeler le rôle important que l’Afrique en général, l’Afrique francophone et la sous-région en particulier, ont joué dans l’édification d’un monde libre et de paix, au moment où l’on assiste ici et là, à la résurgence des idéologies rétrogrades, telles que le racisme et la xénophobie. 

« La plupart des Etats africains célèbrent leurs 60 ans d’indépendance. Mais il y a un événement majeur qui a précédé ces indépendances. Celui-ci remonte à 80 ans aujourd’hui. C’est lorsque la puissance tutélaire qui était la France à l’époque a été vaincue par les nazis. Et la France a en quelque sorte réfugié son honneur sur l’Afrique équatoriale française, particulièrement ici en Afrique centrale…Les Chefs d’Etat vont s’adresser à la jeunesse africaine et au monde avec des messages d’espoir surtout par ces temps où resurgissent des phénomènes comme le racisme. Nous n’accepterons plus la domination, nous n’accepterons plus l’humiliation. Nos Chefs d’Etat vont porter cette parole forte devant le monde, devant l’Afrique, devant notre jeunesse », a confié Jean-Claude Gakosso. 

Selon de fiables informations, le colloque de Brazzaville est loin d’être de simples retrouvailles entre la « mère-patrie » et ses ex-colonies, si tant que les enjeux politiques, diplomatiques, économiques, sécuritaires et sociaux de l’heure appellent une redéfinition des relations franco-africaines. 

Consciente de sa perte d’influence en Afrique, la France a pesé de tout son poids pour l’organisation de ce colloque. C’est dire que la balle est dans le camp des Africains, s’ils veulent inverser sérieusement le rapport de force. 

En d’autres termes, il est temps pour nombre de dirigeants africains, de tourner définitivement la page d’une Françafrique avilissante, dont les pays du pré-carré payent le lourd tribut à cause des accords écrits et non écrits quasiment tous favorables à la France.

Toutefois, des atermoiements sur l’avenir du Franc CFA ainsi que des prises de position ambiguës de la France dans les affaires africaines démontrent à suffisance que soixante ans après les indépendances, les pays Africains ont encore du chemin pour s’affranchir du tutorat français.  

La vraie liberté et l’indépendance réelle ne peuvent s’obtenir qu’avec la détermination des Africains eux-mêmes qui devront cesser de se comporter en pantins.

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