Ecobank : Alain Nkontchou et ses grands chantiers

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Porté le 30 juin 2020 à la présidence d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI), Alain Nkontchou n’est pas étranger au groupe basé à Lomé (Togo). Actionnaire depuis 1994 et administrateur non-exécutif indépendant de la banque depuis 2015, le Camerounais a été présenté à la presse cette semaine via une visioconférence au cours de laquelle il a décliné ses défis et priorités.

« J’ai une connaissance approfondie d’Ecobank, de ses opérations, de son objectif, de sa résilience, de son histoire mémorable et de son engagement sans réserve envers l’Afrique. Je pense que mon parcours et mon expérience de 25 ans qui englobent mes fonctions chez JP Morgan et Crédit Suisse sur les marchés mondiaux et en tant que co-fondateur associé et dirigeant de Enko Capital, sont pertinents et adaptés à mon nouveau rôle chez Ecobank ». Cette déclaration est du Camerounais Alain Nkontchou (57 ans), le nouveau président du Conseil d’administration qui était face à la presse le 22 juillet 2020 pour une conférence de presse en ligne.

Dans ses propos liminaires, le premier francophone à ce poste depuis feu Mandé Sidibé du Mali a annoncé son désir de « faire avancer la stratégie d’Ecobank par le renforcement d’une culture de la performance qui favorise l’excellence », et « basée sur de solides codes de déontologie, d’éthique et de discipline ».

Au rang des chantiers qui l’attendent, Alain Nkontchou cite « la résolution des difficultés datant de plusieurs années à Ecobank Nigeria, liées à des problèmes de portefeuilles hérités et les cycles de matières premières défavorables ». « Ma priorité est d’aborder cette question de manière décisive et d’amener le Nigéria au niveau dont il est capable au sein du Groupe », a-t-il dit.

Stratégie 

Pour y arriver, le nouveau PCA compte mettre en œuvre, en étroite collaboration la direction générale, précise-t-il, une pile d’actions axée sur la politique de la culture de la performance, le renforcement du cadre de gestion de risques concernant notamment l’activité de crédit, et l’affinement de la stratégie digitale pour améliorer l’expérience client. Ceci, avant d’admettre dans les échanges avec la presse que le groupe « a été confronté à des problèmes majeurs au Nigeria qui ont affecté nos actifs ».

Pour lui, résoudre le problème de cette filiale qui opère sur le marché présenté par le directeur général Ade Ayeyemi comme la « plus grande opportunité » du groupe s’avère important, d’autant plus que des efforts de redressement sont déployés en vue d’atténuer les effets de la pandémie de Covid-19.

Mettre fin à la « disette »

Au-delà du dossier nigérian, le PCA s’est également prononcé sur la sempiternelle question de dividende non versée depuis au moins 3 ans aux actionnaires ; même s’il n’en avait pas fait cas dans sa déclaration liminaire. Avec un résultat net en hausse de 10% sur un an en 2019 (275 millions USD), le choix était de nouveau porté sur la consolidation de la structure financière.

« Par la réussite de la mise en place de la nouvelle vision que nous avons pour la banque, on sera en mesure de générer suffisamment de revenus pour pouvoir redistribuer des dividendes de façon aisée. Nous comprenons l’intérêt et le souci de nos investisseurs, (…) et on est assez confiant », a déclaré Alain Nkontchou.

Une situation qui risque de durer, du moins au terme de l’exercice 2020, et qui, depuis plus de 5 ans, a le mérite de courroucer les petits porteurs. « Qu’ils soient rassurés », lance le nouveau le spécialiste camerounais du capital-investissement. « Le management aussi bien que les actionnaires ont à cœur de verser les dividendes dès que possible. Et ce sera débattu au moment venu », poursuit tout prudent le PCA qui n’envisage rien pour l’instant.

Regagner « la confiance » des marchés boursiers

En ce qui concerne le cours du titre sur les différents marchés boursiers, le Camerounais s’attend à un effet domino. « En ayant une politique axée sur la résorption de certains de nos challenges, on devrait très rapidement réinsuffler la confiance et surtout par une situation de profit beaucoup plus accru. Ce n’est moins une action destinée à soutenir l’action, mais plutôt une action qui est destinée à renforcer la banque à la fois au niveau du capital, et surtout la rendre plus profitable », a-t-il déclaré.

« C’est par là que les actionnaires seront justement d’autant plus convaincus qu’Ecobank demeure effectivement une valeur aussi attractive et outil assez unique dans le domaine financier en Afrique. Et cela, c’est véritablement dans notre objectif », a conclu le financier. 

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