Cameroun : le COVID-19, la CAF, la CAN et le CHAN

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La Confédération africaine de football a reporté les dates des compétions continentales notamment la Coupe d’Afrique des Nations initialement prévue en janvier 2021 au Cameroun : au centre du « glissement », la pandémie du Coronavirus.

La crise sanitaire liée à la pandémie du Coronavirus qui régule le monde depuis quelques mois est certainement loin d’avoir livré tous ses secrets. Ce COVID-19 qui chamboule tout sur son passage, vient une fois de plus de montrer sa capacité de nuisance, en imposant à la Confédération africaine de football (CAF) de revoir l’ensemble du calendrier des compétitions sportives.

Réuni le 30 juin 2020 par visioconférence, le Comité exécutif de la CAF a pris d’importantes décisions ayant un impact à court et moyen termes sur le football continental et dont trois au moins sont intimement liées au Cameroun.

Il git d’abord du report pour janvier 2021 du Championnat d’Afrique des nations (CHAN), dont la compétition initialement prévue en avril 2020 a été reportée à cause de la crise sanitaire actuelle.

Ensuite, la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui devrait se jouer en janvier 2021 a été renvoyée pour janvier 2022. Un report qui intervient après le « glissement » de janvier 2019 cette fois-là, pour préparation insuffisante du Cameroun, ce qui avait amené la CAF à délocaliser en juin 2019 l’organisation de la compétition en Egypte.

Enfin, la CAF a choisi la ville de Douala, notamment le stade flambant neuf de Japoma doté d’une capacité de 50 000 places pour abriter la finale de la Ligue africaine des champions.

Pendant les deux prochaines années, et malgré un contexte sanitaire incertain, le Cameroun sera l’épicentre des principales compétitions footballistiques continentales. Tout à l’honneur pour ce peuple grand fan du sport en général et du football en particulier et dont seules les anciennes générations se rappellent encore de la 8ème CAN organisée en terre camerounaise en 1972.

Vingt-cinq millions d’habitants pour autant entraîneurs a –t-on coutume de dire, pour décrire l’amour des Camerounais pour le football, les compatriotes de Roger Milla et de Samuel Eto’o malgré leur exigence, ont toujours apporté leur indéfectible soutien à la sélection nationale fanion, les « Lions indomptables ».

Autant le dire, les quintuples champions d’Afrique, sextuples participants à une phase finale de Coupe du monde et médaillés d’or olympique sont les seuls qui réussissent à fédérer tout le peuple y compris des partisans de la sécession qui militent pour l’indépendance des régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Le football au pays de Roger Milla et de Samuel Eto’o

La participation du Cameroun dans les grandes compétitions sportives a souvent ravivé le patriotisme et renforcé l’unité nationale.

Dès lors, on comprend que malgré le contexte sanitaire à l’origine du bouleversement du calendrier sportif, cet autre « glissement » de date, n’a pas que procuré de la joie à Douala, à Yaoundé et dans le reste du pays, où l’on s’attend depuis longtemps à vivre – enfin – une compétition sportive majeure sur son territoire.

En symbiose avec la CAF, le Gouvernement et la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) pour que le Cameroun est prêt pour accueillir la compétition, entendent mettre à profit ce décalage pour peaufiner les préparatifs, notamment sur le plan infrastructurel.

A la faveur de l’organisation du CHAN et de la CAN, le pays s’est transformé en un vaste chantier, des nouvelles infrastructures qui apportent un visage plus avenant aux voiries urbaines.

Cinq des six stades homologués pour la compétition par la CAF sont déjà prêts alors que le dernier connaît un taux de réalisation de plus de 80% ont rassuré les autorités. Les infrastructures hôtelières, routières, sanitaires ainsi que les secteurs des télécommunications et de la sécurité ont enregistré d’importants aménagements.

A travers les financements propres, des prêts consentis auprès des partenaires au développement, des emprunts obligataires, des émissions de titres publics que ce soit les Bons de trésor assimilables (BTA) et les Obligations de trésor assimilables (OTA) ce sont plus de 1000 milliards de FCFA que l’Etat a mobilisé ces dernières années pour les chantiers de la CAN.

Tout compte fait, les Camerounais veulent vivre leur CAN. D’aucuns commencent à piaffer d’impatience. Et pour nombre d’observateurs, au-delà des dispositions à prendre pour lutter contre la propagation du Coronavirus, tout laisse croire qu’il faut « faire avec », si tant que ce n’est pas une loi qui viendra décréter tout de go la fin de la pandémie.

D’ores et déjà, l’on croise les doigts pour un retour rapide à la normale en espérant qu’il n’y aura plus d’autres « glissements » de la CAN. On peut le comprendre, car pour beaucoup, ces compétitions sportives permettront non seulement de faire vibrer tout un continent à l’unissons, mais les Camerounais, en célébrant la fraternité africaine, célébreront d’abord leur « camerounité » vivant tous unis dans un territoire commun et indivisible au rythme de la Paix, du Travail et de la Patrie.

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