L’Union Interparlementaire juge la condamnation de Guillaume Soro de “purement politique”

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A la suite de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui avait en avril passé ordonné à Abidjan de suspendre le mandat d’arrêt émis à l’ encontre de Guillaume Soro puis de procéder a la libération de 19 proches de l’ex premier ministre ivoirien, c’est au tour de l’ Union Inter parlementaire de trancher sur le cas des 5 députés pro-Soro incarcérés depuis le 23 décembre 2019 et de se pencher sur les condamnations infligées par la justice ivoirienne à l’encontre de l’ex président du parlement Ivoirien.

Dans un communiqué publié ce jour 5 juin 2020, l’UIP se montre préoccupée par le sort des parlementaires en détention pendant la pandémie de COVID-19 en raison des risques accrus d’infection dans les espaces surpeuplés et confinés. En effet, lors de sa première réunion en ligne, le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’UIP a examiné de près les cas des 43 parlementaires actuellement détenus dans le monde, notamment au Venezuela, en Côte d’Ivoire et en Turquie.

Le Comité de l’UIP demande la libération des parlementaires de ces trois pays, compte tenu des préoccupations suscitées par la vulnérabilité accrue au coronavirus en milieu carcéral et le non-respect des droits de la défense puis de la violation des immunités parlementaires des élus. En Côte d’Ivoire, l’UIP a indiqué dans son communiqué le cas de dix parlementaires de l’opposition qui auraient subi des violations de leurs droits fondamentaux depuis 2018, notamment des arrestations et des détentions arbitraires.

Le comité des droits de l’homme de l’IUP spécifie à cet effet que cinq députés de l’Assemblée nationale ivoirienne sont actuellement en détention. Il s’agit de Alain Lobognon, Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Yao Soumaïla et Soro Kanigui. Tous ces députés détenus dans les centres pénitentiaires de la Côte d’Ivoire sont accusés d’avoir causé des troubles à l’ordre public, d’avoir contesté l’autorité de l’État et d’avoir diffusé de fausses nouvelles au cours d’une conférence de presse tenue le 23 décembre 2019, le jour de l’arrivée avortée de Guillaume Soro dont l’avion avait été détourné vers le Ghana.

Le Comité de l’UIP, après des rencontres avec les autorités ivoiriennes, a conclu qu’il ne semble y avoir aucun élément matériel prouvant leur culpabilité et que les accusations sont basées uniquement sur des déclarations faites lors d’une conférences de presse. L’UIP a notifié, entre autre autres, sa très grande préoccupation au sujet de l’état de santé du député Lobognon qui s’est vu refuser des autorités pénitentiaires, à trois reprises, l’autorisation d’une visite de son médecin personnel.

Par ailleurs, l’IUP a noté que, le 29 avril, Guillaume Soro, ancien Président de l’Assemblée nationale et candidat à l’élection présidentielle de 2020, a été condamné par contumace à 20 ans de prison pour détournement de fonds publics. Il a également été privé de ses droits politiques et civils pendant cinq ans, ce qui compromet sa candidature aux élections présidentielles prévues pour octobre 2020 et laisse supposer que la procédure pénale à son encontre est motivée par des considérations politiques.

Le Comité des droits de l’homme des parlementaires de l’UIP, seul mécanisme international ayant pour mandat de défendre les droits de l’homme des parlementaires persécutés, appelle l’État de Côte d’Ivoire à procéder dans les meilleurs délais à la libération sans condition des cinq députés arbitrairement détenus.

Le Comité des Droits de l’homme de l’IUP juge que les poursuites engagés et la condamnation de 20 ans infligé au député de Ferke, Guillaume Soro, ont purement un fondement politique dan l’unique but de l’écarter de la prochain élection présidentielle.

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