Crise à la BAD: le président nigérian Muhammadu Buhari se range derrière Adesina

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Reçu ce 2 juin par le président du Nigeria, Adesina repart avec le sourire.

Le feuilleton de la Banque Africaine de Développement (BAD) prend des tournures diplomatiques. A la suite de sa ministre des Finances, Zainab Ahmed, qui s’était opposée à l’injonction du secrétaire d’Etat américain au Trésor, de diligenter une enquête, c’est autour du président Muhammadu Buhari de s’immiscer dans le dossier. “Je resterai à tes côtés”, a déclaré l’ancien général de l’Armée, connu pour une fibre nationaliste particulièrement sensible. La déclaration a été faite à la présidence(State House), le 2 juin 2020, à la fin d’une courte de visite du président de la Banque Africaine de Développement (BAD), Akinwumi Adesina. ” Celui-ci repart rassuré du soutien de son pays, premier actionnaire de la BAD.

“En 2015, lorsque vous deviez être élu pour le premier mandat, j’ai écrit à tous les dirigeants africains pour vous recommander le poste. Pourtant, vous étiez ministre du Parti démocratique populaire (PDP) et j’appartenais au Congrès progressiste (APC), donc je refuserais mon soutien. Je resterai cohérent avec vous, car personne n’a mis en cause la décision de vous soutenir que j’avais prise au nom du Nigéria », a déclaré le président Buhari.

Le président de la première puissance économique africaine a promis que son pays travaillerait avec tous les autres dirigeants et parties prenantes de la BAD pour garantir que le Dr Adesina soit élu pour un second mandat fondé sur le bilan de ses réalisations au cours de son premier mandat.

Donnant un aperçu de ce qui se passait à la banque, le président Adesina a répété sa ligne de défense, constante depuis le début de cette sombre affaire, à savoir que “les 16 allégations formulées contre lui étaient fausses, et sans faits, preuves et documents, comme l’exigent les règles et règlements de la Banque”. Dans la même lancée, l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture a ajouté que le comité d’éthique de la banque l’avait “innocenté” de toutes les allégations.

“J’ai été exonéré …”

«Ma défense comportait 250 pages, et aucune ligne n’a été mise en cause ou remise en question. La loi stipule que le rapport du comité d’éthique doit être transmis au président du conseil des gouverneurs de la banque. Cela a été fait et les gouverneurs ont confirmé les recommandations. C’était la fin de l’affaire, selon les règles.(…) J’ai été exonéré, et toute autre enquête reviendrait à contourner les règles de la banque pour arriver à une conclusion prédéterminée », a déclaré le Dr Adesina.

Soulignant que le motif était de salir son nom et celui de la banque, le président de la BAD s’est déclaré fier d’être nigérian et a remercié le président Buhari pour son soutien indéfectible. “Vous m’avez aidé à me faire élire en premier lieu, et vous m’avez soutenu avec force tout au long du processus, et l’Union africaine a unanimement approuvé ma candidature en vue de ma réélection”, a-t-il déclaré.

Vers une crise institutionnelle à la BAD

En dépit de sa déclaration sur la nature “fallacieuse” des 16 allégations à son encontre, le président de la BAD le sait bien, le dossier est encore au stade du bureau des gouverneurs (instance annuelle composée de trois pays) et fait l’objet d’une bataille rangée entre les gouverneurs. Les USA, deuxième actionnaire de la BAD, soutenus par des pays membres non régionaux exigent une enquête indépendante et transparente.

Si la présidente du bureau du conseil des gouverneurs, l’ivoirienne Nialé Kaba, a appelé dans sa lettre aux gouverneurs datée du 5 mai, de suivre le comité d’éthique et d’exonérer le président de la BAD de toutes les accusations à son encontre, beaucoup parmi les gouverneurs estiment que la ministre ivoirienne du plan n’a fait que donner “son avis” lequel, aussi fondé sit-il, ne peut se substituer à la décision des gouverneurs.

En attendant un consensus, le fameux rapport du comité d’éthique, entaché de vices de procédures selon les uns, à endosser intégralement selon les autres, risque de décaler la tenue des prochaines assemblées générales de la Banque. L’affrontement politique et diplomatique entre Washington et Abuja risque à coup sûr de faire oublier le fond du dossier, à savoir l’établissement de la vérité ou de la fausseté des 16 allégations émises par un groupe de lanceurs d’alertes, qui sont africains, et qui fondent leurs accusations en citant des noms, montants et circonstances. Faut-il enterrer toute cette affaire au nom des “spécificités culturelles” africaines ? Dans quelle mesure, une enquête indépendante viendrait-elle en contradiction avec les statuts de la banque ?

Si l’argument du panafricanisme brandi par l’ancien président Olusegun Obasanjo a un pouvoir mobilisateur dans les opinions publiques du continent, il n’en demeure pas moins que cet idéal africain ne peut être construit que sur des institutions solides, transparentes, compétitives, présentant des niveaux de gouvernance dignes des standards internationaux. Le dossier BAD, politique, diplomatique, culturel mais aussi financier (quoique les fameux commissaires des comptes s’en sortent parle haut, sans être cités, ni en bien, ni en mal, eux qui ont certifié conforme) est assurément complexe.

1 COMMENTAIRE

  1. Le problème des crises de la Banque Africaine de Développement se résoud par des décisions de bonne gouvernance et de la mise en place d’une approche systémique, qui met en place, un système de valeur Africain, et des systèmes de gestion scientifiques et adaptables à la culture Africaine ô combien riche. Ce n’est ni le populisme souverainiste, ni les dictatures des militaires “officiers” supérieurs par leurs armes contre leurs propres populations qui vont résoudre les problèmes africains très nombreux problèmes. Or ce populisme et ces dictatures qui ont créés des organisations maffieuses et criminelles qui ont dépouillés l’Afrique de ces richesses, et continuent leurs sales besognes au profit de certains pays occidentaux impérialistes. Il faut des hommes gestionnaires qui donnent a l’AFRIQUE plus qu’ils en demandent. Le droit international, et le droit national doivent prendre toutes leurs applications en fonction dy grans système de valeur Africain, ce n’est pas les Sages de l’Afrique qui manquent, mais les appétits des pays occidentaux et des valets placés dans toutes les Institutions Africaine, qui freinent le développement de ce grand Continent. Ce n’est ni les Etats Unis, ni la Chine, ni l’Europe qui se soucient de l’Afrique, il appartient aux Africains de prendre leur destinée, en s’attachant a la science, et aux voeux des peuples .

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