Covid-19: le masque dix fois plus cher en Côte d’Ivoire qu’au Maroc

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Le ministre marocain de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, mardi 7 avril, à l’issue d’une visite effectuée à l'usine de la SERMP, engagée dans la fabrication d'un respirateur artificiel 100% marocain.

A la suite de la France, le port du masque dans les lieux publics est obligatoire au Maroc, en Côte d’Ivoire et au Bénin depuis le 7 avril 2020. Mais le royaume semble avoir pris les devants puisque la précieuse pièce de tissu est disponible en abondance dans les rayons des grandes surfaces et dans les épiceries à un prix modique de 0,8 dirhams, soit 8 centimes d’euros ou encore 52 franc CFA* selon un décret. Le marché marocain sera approvisionné à travers 66 000 points de vente à raison de 5 millions de masques par jour.

Pendant ce temps, la Côte d’Ivoire vend le masque à 500 franc CFA, soit dix fois plus cher qu’au Maroc. L’Etat a pris le pari “politiquement risqué” de ne pas subventionner le précieux produit. Pendant que Rabat profite du contexte pour relancer son industrie textile, Yamoussoukro, bien que située à un jet de pierre des champs de coton, de la Côte d’Ivoire d’abord, mais aussi du Mali et du Burkina Faso, privilégie la logique de l’importation. Le royaume produit 3 millions de masques par jour et compte passer à 5,5 millions à partir du 15 avril prochain.

En raison de la forte demande mondiale en masques (à elle seule, la France en a commandé 2 milliards d’unités à la Chine et se fait livrer à raison de 25 millions par semaine).

Des respirateurs artificiels Made In Maroc

Sur un autre front, le Maroc mène une stratégie pour fabriquer des respirateurs artificiels. Dans ce ce cadre, le ministre marocain de l’Industrie, du Commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy, a visité, mardi 7 avril, l’usine de la Société d’étude et de réalisations mécaniques (SERMP) située dans la zone de Nouaceur (proximité de l’aéroport Mohammed V de Casablanca) pour la production d’un respirateur artificiel 100% marocain. La réorientation de cette usine aéronautique en fabrique d’accessoires médicaux montre que si la crise ferme beaucoup d’opportunités, elle en ouvre aussi de nouvelles. Les tailleurs et couturiers africains peuvent bien trouver leur part du gâteau dans le contexte actuel puisque, au delà des masques FFP2 réservés au personnel soignant, les masques en tissus de coton font partie de la panoplie des cache-bouche et cache-nez autorisés.


Notes

*Au Maroc, le paquet de 50 unités coûte 40 dirhams (4 euros) et le paquet de 100 masque coûte 80 dirhams (8 euros)

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