CEMAC : Hausse du droit de transit sur les corridors Douala-Bangui-Ndjamena

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Des acteurs du transport terrestre qui font face à des contraintes économiques et sécuritaires ont décidé de revoir à la hausse les droits du transit entre le Cameroun d’une part et la Centrafrique et le Tchad d’autre part.

Par Achille Mbog Pibasso

A partir du 1er janvier 2020, le prix du transport des marchandises par voie terrestre sur les corridors Douala-Bangui et Douala-Ndjamena seront revalorisés. Telle est la principale résolution prise par des acteurs du transport terrestre de sous-région au sortir de leur concertation à Douala.

Les trois pays, en l’occurrence, le Cameroun, la Centrafrique et le Tchad se conforment aux prix fixés le régulateur, en l’occurrence, le Bureau de gestion du fret terrestre (BGFT).

Plus concrètement, pour partir du port de Douala pour Bangui, en Centrafrique, il faudra débourser de 3,5 millions de FCFA par camion, tandis que pour rallier Ndjamena, au Tchad, à partir du port de Douala, ce sera dorénavant 4 millions de FCFA par camion. Les prix actuels oscillent entre 2,4 et 2,9 millions de FCFA pour le Tchad et entre 2,2 et 2,7 millions FCFA en direction de Bangui.

Selon le Syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun (SNTRC « plusieurs indicateurs justifient la hausse des prix du transport. Il y a dix ans par exemple, le sac de riz coûtait 13 000 FCFA. Aujourd’hui le même sac de riz coûte 22 000 FCFA. Entretemps, les transporteurs ont maintenu les mêmes prix. Ceux que nous allons appliquer dès janvier sont des prix plancher en deçà desquels la profession n’est plus rentable ».

A cause de la situation sécuritaire liée à l’instabilité sociopolitique en Centrafrique avec des bandes armées qui sévissent dans ce pays sans oublier des attaques terroristes de Boko Haramdans la région du Lac Tchad, des transporteurs éprouvent plus de difficultés pour assurer le transport des marchandises.

Les transporteurs se disent obligés de « mettre la main à la poche » pour se faire convoyerleurs marchandises par les forces de sécurité. C’est notamment le cas sur le corridor qui mène vers Bangui où des convois sont souvent attaqués par des gangs armés nonobstant le déploiement des éléments de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA).

La hausse du droit de transit devrait forcément entrainer un renchérissement des coûts en Centrafrique et au Tchad si les autorités des deux pays ne prennent pas des mesures d’accompagnement pour faire face à cette nouvelle donne.  

Dépourvus de façade maritime, plus de 80% du volume des marchandises en direction ou en provenance de la Centrafrique et du Tchad passent par le port de Douala et sont acheminées par route pour un trajet d’environ 1500 km.

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